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Synode de la famille: comment lire le document final ?

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Message par Invité le Mer 5 Nov 2014 - 10:55

Synode de la famille: comment lire le document final?

POSTÉ PAR ISABELLE DE GAULMYN LE MARDI 4 NOVEMBRE 2014


Quelle vision de la famille se dégage du rapport final (1) du Synode extraordinaire des évêques sur le sujet ? C’est à partir de ce texte en effet que les catholiques du monde entier sont désormais invités à discuter et débattre, avant qu’un second synode ne se réunisse, dans un an, pour trancher.

Pour répondre à cette question, il faut tenir compte de ce qui figure dans le document. Mais aussi de ce qui n’y figure plus: dans la mesure où le rapport d’étape a été rendu public, la comparaison entre les deux textes, celui provisoire, et le définitif, est instructive. Elle permet de voir ce qui a posé problème, ce qui a évolué, ou qui a été simplement supprimé par les Pères synodaux par rapport à une première version jugée trop audacieuse. Autant de changements qui manifestent les tensions qui traversent aujourd’hui l’Église autour de son rapport à la morale familiale et sexuelle, et qui devraient se trouver logiquement au cœur des discussions qui vont avoir lieu cette année dans les communautés.

Trois articles repoussés

En effet, pour la première fois, cette « relatio » mentionne l’ensemble des articles discutés, y compris ceux qui n’ont pas obtenu la majorité nécessaire des deux tiers des Pères synodaux. Notons au passage que cette règle des deux tiers provient de l’article 26 des statuts du synode tels que Benoît XVI les a approuvés en 2006. Trois articles sont dans ce cas : le 52, qui envisage une possibilité pour les divorcés-remariés d’accéder à la communion après un chemin de pénitence, le 53 qui pose la question du lien entre communion spirituelle et communion eucharistique (pourquoi autorise-t-on la première et non la seconde ?), et enfin le 55, appelant à une attention pastorale envers les personnes homosexuelles. Trois sujets sur lesquels le consensus est donc difficile, même si ces articles ont tout de même obtenu, à défaut de la majorité des deux tiers, la majorité absolue des voix.



La disparition de la gradualité

Plus largement, la comparaison entre ce texte définitif du synode et le rapport intermédiaire est instructive. La première différence, la plus importante, c’est la disparition du texte final de ce qui constituait pourtant l’une des innovations théologiques les plus audacieuses du synode: la loi de gradualité dans la morale familiale et sexuelle. Dans la première version, l’article 13 notamment, faisait appel à cette notion (utilisé d’ailleurs par Jean-Paul II en 1981 dans familiaris consortio), pour signifier qu’il est impossible de mettre toutes les normes sur le même plan, qu’il y a dans les valeurs demandées par l’Église une forme de « hiérarchie des vérités », que l’on ne peut exiger du chrétien qu’il applique toute la loi morale, entièrement et d’un coup.

Il faut, disait le texte provisoire, sortir de la logique du « tout ou rien ». Depuis Vatican II, des moralistes demandent que cette notion de « gradualité » soit plus mise en valeur, de façon à mieux répondre à la diversité des situations, sans dogmatiser les valeurs morales. En revanche, d’autres s’inquiètent que cette « loi de gradualité » soit comprise comme une « gradualité de la loi », porte ouverte au relativisme.

Pas d‘éléments valables dans les formes imparfaites d’unions

L’autre grand apport du synode, au plan théologique, consistait à reprendre la théorie « inclusive » de Vatican II, en cherchant ce qui, dans les autres formes d’unions que le mariage chrétien, pouvait être positif, et contenir des éléments valables. Comme Vatican II reconnaissait dans d’autres religions des « Semences du Verbe ». Le document définitif reprend cette idée (article 22), mais de manière plus amoindrie : en effet, il ne l’applique pas, contrairement au premier texte, à toutes les situations irrégulières, notamment pas aux divorcés remariés. Et il ne va pas jusqu’à parler, comme la première version, des « valeurs positives » que peuvent avoir ces formes imparfaites, et que l’Église se doit d’apprécier aussi. (article 20 première version)

Un regard moins positif

Plus généralement, là où le premier texte portait un regard positif, (non sans rappeler les documents conciliaires comme Gaudium et Spes), le second adopte un ton plus pessimiste sur la société moderne, auquel nous a habitués depuis des années le magistère romain. La première version osait énoncer qu’il peut ne pas y avoir que du mauvais dans ce qu’on s’était accoutumé à considérer comme, simplement, des « situations de péché ». Le texte définitif revient à une vision plus classique. Ainsi, le chapitre « les aspects positifs des unions civiles et les concubinages » est devenu « le soin pastoral envers ceux qui sont mariés civilement ou vivent en concubinage ».

Les personnes homosexuelles

C’est à propos de l’accueil des personnes homosexuelles (appelées, dans le second texte « personnes ayant une orientation homosexuelle) que cette évolution est la plus frappante : le rapport d’étape évoquait les « « dons et les qualités » de ces personnes homosexuelles à offrir à la communauté chrétienne. Il n’en est plus question dans la seconde version. Tout comme a été supprimée la phase sur la nécessité de prendre acte que dans les unions homosexuelles « il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice entre les partenaires constitue une aide précieuse ». Cette reconnaissance de la valeur de la relation qui peut exister entre des personnes homosexuelles a totalement disparu dans la nouvelle version, qui se contente de reprendre ce que disait déjà le catéchisme de l’Église catholique sur l’accueil nécessaire des personnes homosexuelles.



Enfin, le second texte prend soin de citer amplement la doctrine de l’Église sur la famille, comme pour rappeler qu’il existe une tradition à laquelle on ne saurait déroger. Il a même rajouté tout un chapitre « la famille dans les documents de l’Église » qui n’existait pas dans la première version. Et il cite à plusieurs reprises, à côté du pape François, le pape Benoît XVI et surtout le pape Jean-Paul II…

Retour en arrière ?

Faut-il en conclure que les Père synodaux sont finalement revenus sur toutes les avancés du synode ? Non, l’accent, dans les deux versions, est mis sur l’importance de la miséricorde, la nécessité d’être pour l’Eglise dans l’accompagnement des diverses situations familiales, et non la condamnation. Il est certain que la première version allait plus loin que la majorité des Pères synodaux ne l’auraient voulu. Et que la version définitive reflète plus largement leur vision. Pourtant, le débat a eu lieu. Avec la publication des deux versions (provisoire et définitive), et des articles non votés, ce même débat peut désormais se tenir aussi dans les communautés.

Isabelle de Gaulmyn

(1) Pour se procurer (gratuitement) le document final du synode : voir sur le site de La Croix
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Message par Invité le Mer 5 Nov 2014 - 13:26

Dans le numéro de novembre du mensuel « La Nef » : Petit bilan du synode

Le synode, avec toutes les controverses qu’il a soulevées, nous invite plus que jamais à porter un regard surnaturel sur l’Église. Point de vue sous forme de petit bilan. Une réflexion du philosophe et écrivain français Thibaud Collin :

« Quel bilan tirer de ce synode sur la famille qui, rappelons-le, sera suivi d’un second en octobre 2015 ? Beaucoup d’incertitudes planaient dans les esprits à son ouverture ; le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne se sont pas dissipées, voire qu’elles ont gagné en densité. En effet, ce synode a été préparé par le consistoire de février 2014 dont les débats ont été ouverts par le discours du cardinal Kasper dans lequel il prônait une évolution de la discipline sacramentelle envers les fidèles divorcés et remariés civilement. Le pape François a sciemment choisi cet opposant bien connu du cardinal Ratzinger et de Jean-Paul II sur une telle question. Le lendemain de ce discours et alors qu’il avait suscité de vives réactions dans le collège cardinalice, le pape François a publiquement félicité le cardinal Kasper semblant indiqué par là que ses thèses lui convenaient. De même a engendré crainte et perplexité le choix d’envoyer un questionnaire très ouvert à tous les évêques en leur demandant expressément de le transmettre aux prêtres et aux laïcs pour que remontent à Rome les avis de la « base » sur la morale sexuelle et conjugale. Certaines conférences épiscopales se sont empressées de rendre publiques les réponses majoritairement critiques vis-à-vis de l’enseignement de l’Église, signifiant par là que la convocation du synode créait une forte attente de changement sur ces sujets.

Bref, le programme du cardinal Martini énoncé lors du synode sur l’Europe de 1999 semblait avoir retrouvé une troublante actualité. Rappelons que dans ce discours-programme l’archevêque de Milan pointait quelques « nœuds » disciplinaires que l’Église devait avoir « le courage » de dénouer pour retrouver une crédibilité dans le monde moderne ; figurait dans la liste l’assouplissement de la morale conjugale. Enfin, le fait qu’aucun membre du Conseil pontifical de la famille et qu’aucun professeur des Instituts Jean-Paul II n’ait été choisi par le pape François a été interprété par de nombreux observateurs comme la volonté de « faire du neuf » sur la pastorale familiale et conjugale. De là, certains et non des moindres osèrent souligner que « l’esprit du concile » était enfin de retour. Le déroulement du synode a-t-il confirmé ces pronostics ?

Deux réponses sont possibles en fonction de deux niveaux de lecture. Le premier niveau est disons humain, non pas au sens péjoratif mais au sens descriptif. Le texte de mi-parcours publié le 13 octobre apparaît comme un texte de rupture assumée comme telle vis-à-vis des deux derniers pontificats. L’importation dans le champ de la théologie du mariage et plus généralement de la théologie morale d’une grille de lecture propre aux questions œcuméniques, l’interprétation discutable de la loi de gradualité, un passage maladroit sur les personnes homosexuelles et enfin l’affirmation selon laquelle à certaines conditions les divorcés remariés pourraient recevoir la communion eucharistique, tout cela a créé de fortes critiques chez les pères synodaux. L’impression d’avoir été manipulé par une petite équipe dont tous les membres avaient été choisis par le pape a renforcé le malaise. Au nom de la miséricorde ressemblant étrangement à la tolérance l’Église n’allait-elle pas enfin accepter ce que le monde exige d’elle depuis des décennies dans le champ moral ?

Voilà ce qui provoqua un enthousiasme chez certains et un vent de panique chez les autres. Selon ce regard humain, le pape bien qu’il n’ait encore rien dit officiellement pousse vers une solution « miséricordieuse » qui rentrerait en contradiction avec la doctrine sur le mariage. En effet, accepter à la communion eucharistique des personnes étant encore liées par un mariage sacramentellement valide mais vivant une nouvelle relation, n’est-ce pas légitimer une vie sexuelle en dehors du mariage ? Mais alors n’est-ce pas toute l’anthropologie philosophique et théologique approfondie par Jean-Paul II qui s’effondre ? N’est-ce pas, de même, l’articulation entre les sacrements du mariage, de l’eucharistie et de la réconciliation qui se trouve perturbée et par là toute l’ecclésiologie ? Bref, cette solution « pastorale » apparaît comme un cheval de Troie qui de proche en proche modifie la cohérence et l’intelligibilité de la totalité chrétienne. Sauf à douter des paroles de Jésus à saint Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église », sauf à douter de l’assistance de l’Esprit Saint à l’Église du Christ, un tel regard ne peut être que partiel et par là conduire à une impasse.

L’autre regard est donc surnaturel ; contre ce que le regard humain atteste ou conjecture, il repose sur des actes de foi et d’espérance refusant le doute comme un poison ruinant la vie théologale dans l’âme du croyant. Voilà le regard que nous avons tous à adopter et qui peut être conforté par quelques faits. Le constat que le texte de mi-parcours a été fortement amendé dans le texte final, les points les plus litigieux ayant disparu. Le rappel que le pape François a été formé dans la Compagnie de Jésus dont la clef de voûte est le discernement des esprits par la méthode des Exercices spirituels, dont un des aspects est la prise en compte de l’épaisseur et la diversité des situations et des opinions humaines, en vue d’une élection conforme à la volonté divine.
Bref, le Christ nous invite à être plus que jamais à son écoute et à faire confiance dans la Providence. Voilà l’épreuve de la foi qu’il s’agit de traverser dans la paix reçue de l’Esprit. »
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Message par Invité le Jeu 20 Nov 2014 - 21:03

Mgr Schneider et le synode sur la famille

La famille, cellule de base de la société

Voici une traduction intégrale de l’entretien accordé par Mgr Athanasius Schneider à Polonia Christiana, d’après la traduction anglaise parue en exclusivité sur LifeSiteNews, ici. Mgr Schneider y donne sa vision du Synode sur la famille. Il sera à Paris début décembre et donnera des conférences à l’invitation de Renaissance catholique.

— Votre Excellence peut-elle nous dire quelle est son opinion à propos du Synode ? Quel est son message pour les familles ?

— Au cours du Synode il y a eu des moments de manipulation de la part de certains clercs qui tiennent des positions-clef sur la ligne éditoriale et dans la gouvernance du synode. Le rapport d’étape ou relatio post disceptationis était de toute évidence un texte préfabriqué qui ne faisait pas référence aux des déclarations effectives des pères synodaux. Dans les paragraphes concernant homosexualité, la sexualité et les « divorcés remariés », et leur accès aux sacrements, le texte est le reflet d’une idéologie néo-païenne radicale. C’est la première fois dans l’histoire de l’Eglise qu’un texte aussi hétérodoxe a été publié en tant que document émanant d’une rencontre officielle des évêques catholiques sous la conduite d’un pape, même si le texte n’avait qu’un caractère préliminaire...



Grâce à Dieu, aux prières des fidèles du monde entier, un nombre important de pères synodaux a résolument rejeté ce programme ; ce programme qui reflète la pensée dominante corrompue et païenne de notre temps, que l’on impose au niveau global par la pression politique et à travers les mass media officiels quasi tout-puissants, qui sont fidèles aux principes du parti mondial de l’idéologie du genre. Un tel document synodal, même s’il n’est que préliminaire, est une véritable honte. Il donne une idée du degré d’extension de l’esprit du monde anti-chrétien qui a déjà pénétré à un tel niveau dans la vie de l’Eglise. Ce document restera pour les générations futures et pour les historiens une marque noire qui a entaché l’honneur du siège apostolique. Heureusement le Message des pères synodaux est un véritable document catholique qui expose la divine vérité sur la famille sans se taire sur les racines plus profondes des problèmes, c’est-à-dire la réalité du péché. Il procure un vrai courage et une vraie consolation aux familles catholiques. Quelques citations :

« Pensons à la souffrance qui peut apparaître lorsque qu’un enfant est handicapé, lors d’une grave maladie, lors de la dégénérescence neurologique due à la vieillesse, lors de la mort d’une personne chère. La fidélité généreuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec courage, foi et amour est admirable, lorsqu’elles les considèrent non comme quelque chose qui leur a été arrachée ou imposée, mais comme quelque chose qui leur a été donné et qu’ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces personnes éprouvées le Christ souffrant lui-même. (…) L’amour conjugal, unique et indissoluble, persiste malgré les nombreuses difficultés des limites humaines, c’est l’un des plus beaux miracles, bien qu’il soit aussi le plus commun. Cet amour se déploie au travers de la fécondité qui n’est pas seulement procréation mais aussi don de la vie divine dans le baptême, éducation et catéchèse des enfants. (…) Que demeure sur vous la présence de la famille de Jésus, Marie et Joseph réunis dans leur modeste maison. »

— Les groupes qui attendaient un changement de l’enseignement de ‘l’Eglise en ce qui concerne les questions morales (l’accès à la communion des divorcés remariés ou une quelconque forme d’approbation à l’égard des unions homosexuelles) ont probablement été déçus par le contenu du rapport final, la Relation synodii. N’y a-t-il pas pourtant un danger de voir l’ouverture au questionnement et à la discussion de sujets fondamentaux pour l’enseignement de l’Eglise ouvrir la porte à de graves abus, et à de nouvelles tentatives de revoir cet enseignement à l’avenir ?

— C’est un commandement divin, dans ce cas précis, le sixième commandement sur l’absolue indissolubilité du mariage sacramentel, une loi établie de façon divine, qui interdit à ceux qui se trouvent dans un état de péché grave d’accéder à la Sainte Communion. C’est l’enseignement de saint Paul dans sa Lettre inspirée par le Saint-Esprit (1 Cor. 11, 27-30). Cela ne peut faire l’objet d’un vote, de même que la divinité du Christ ne peut jamais être soumise à un vote. Une personne qui se trouve encore dans les liens du mariage sacramentel indissoluble, et qui en dépit de cela vit dans un état de cohabitation marital stable avec une autre personne, ne peut pas être admise à communier, en raison de la loi divine. Dire cela constituerait une déclaration publique par l’Église légitimant de manière néfaste la négation de l’indissolubilité du mariage chrétien, révoquant en même temps le sixième commandement de Dieu : « Tu ne commettras pas d’adultère. » Aucune institution humaine, pas même le pape ou un Concile œcuménique, n’a autorité ou compétence pour invalider, même de la manière la plus légère ou la plus indirecte, l’un des dix commandements divins, ou les paroles divines du Christ : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne sépare pas. »

En dépit de cette vérité limpide qui a été enseignée de manière constante et invariable – parce que non modifiable – à travers les âges par le magistère de l’Église jusqu’à nos jours, par exemple dans Familiaris consortio de saint Jean-Paul II, dans le Catéchisme de l’Église catholique et par le pape Benoît XVI, la question de l’admission à la Sainte Communion de ce que l’on appelle les « divorcés remariés » a été mise au vote au synode. Ce fait est en lui-même déplorable et reflète une attitude d’arrogance cléricale envers la divine vérité de la Parole de Dieu. La tentative de mettre la divine Vérité et la divine Parole au vote n’est pas digne de ceux qui, en tant que représentant du Magistère, ont le devoir de transmettre avec zèle le dépôt divin, en serviteurs bons et fidèles (cf Math 24, 45). En admettant les divorcés remariés à la Sainte Communion ces évêques établissent une tradition nouvelle, fruit de leur propre vouloir, et ils transgressent ainsi le commandement de Dieu, ce pour quoi le Christ accusa jadis les Pharisiens et les scribes.

Encore plus grave est le fait que ces évêques tentent de justifier leur infidélité à la parole du Christ au moyen d’arguments de nécéssité pastorale, de miséricorde, d’ouverture à l’Esprit Saint. En outre ils ne craignent pas de pervertir sans scrupule, à la manière gnostique, le sens véritable de ces mots, tout en présentant ceux qui s’opposent à eux comme rigides, scrupuleux ou traditionalistes. Au cours de la grande crise arienne du IVe siècle, les défenseurs de la divinité du Fils de Dieu était aussi taxés d’intransigeance et de traditionalisme. Saint Athanase a même été excommunié par le pape Libère ; le pape a justifier cela en arguant qu’Athanase n’était pas en communion avec les évêques orientaux qui pour la plupart étaient hérétique ou semi-hérétiques. Saint Basile le Grand declarait alors : « Aujourd’hui seul un péché est sévèrement puni : l’observance attentive des traditions de nos pères. Pour cette raison les bons sont renvoyés de chez eux et amenés au désert. »

En réalité les évêques favorables à la communion pour les divorcés remariés sont les nouveaux Pharisien et les scribes, parce qu’ils font fi du commandement de Dieu. participant au fait que du corps et du cœur des « divorcés remariés » les adultères continue de procéder (Matth 15,19), parce qu’ils recherchent une solution extérieurement propre, et qu’ils veulent être « propres » également aux yeux de ceux qui ont le pouvoir : les médias, l’opinion publique. Mais lorsqu’il paraîtront devant le tribunal du Christ, ils entendront sûrement, avec un grand désarroi, ces paroles du Christ : « Au méchant aussi, Dieu s’adresse : “Pourquoi rabâches-tu mes lois ? Tu as mon alliance à la bouche, mais tu détestes l’instruction et tu rejettes mes paroles au loin, derrière toi. A peine as-tu vu un voleur, tu deviens son complice, et puis, tu fais cause commune avec les adultères.” » (Ps 50, 16-18).

Le rapport final du Synode conserve aussi malheureusement le paragraphe à propos de la communion pour les « divorcé remariés ». Bien qu’il n’ait pas atteint les deux tiers des voix requis, demeure le fait inquiétant et étonnant que la majorité absolue des évêques présents a voté en faveur de la communion pour les divorcés remariés, triste reflet de la qualité spirituelle de l’épiscopat catholique de nos jours. Il est triste en outre que ce paragraphe, qui n’a pas obtenu l’approbation requise de la majorité qualifiée, n’en demeure pas moins dans le rapport final et qu’il sera envoyé à tous les diocèses en vue de discussions supplémentaires. Cela ne fera qu’accroître la confusion doctrinale parmi les prêtres et les fidèles, l’idée sera dans l’air que les commandements divins et les paroles divines du Christ, ainsi que ceux de l’apôtre Paul, sont susceptibles de modification par des groupes de décision humains.

Un cardinal qui a ouvertement et fortement soutenu l’idée de la communion pour les « divorcés remariés », et même les déclarations honteuses sur les « couples » homosexuels dans le rapport d’étape, était mécontents du rapport final ; il a déclaré avec impudence que « le verre est à moitié plein ». Pour continuer l’analogie il a déclaré qu’il fallait travailler afin que l’année prochaine lors du Synode, il soit plein. Nous devons croire fermement que Dieu dissipera ces malhonnêtes, d’infidélité et de trahison. Le Christ garde infailliblement la barre du navire de son Eglise au milieu d’une telle tempête. Nous croyons et nous mettons notre confiance dans le véritable chef de l’église, Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est la Vérité.

— Nous vivons actuellement un paroxysme d’attaques contre la famille : une attaque accompagnée d’une confusion terrible par rapport à l’humain et à l’identité humaine. Malheureusement certains membres de l’Église catholique, en parlant de ces sujets, expriment des opinions qui contredisent l’enseignement de Notre Seigneur. Comment devons-nous parler aux personnes qui sont victimes de cette confusion, pour raffermir leur foi et les aider sur le chemin vers la Rédemption ?

— En ces temps extraordinairement difficiles le Christ purifie notre foi catholique pour qu’à travers cette épreuve, l’Eglise finisse par briller davantage et devienne réellement sel et lumière pour ce monde néo-païen insipide, grâce à la fidélité et à la fois simple et pure des fidèles, des petits de l’Église, de l’ecclesia docta, l’Église enseignée, qui en nos jour donnera force à l’ecclesia docens, l’Eglise enseignante, le Magistère, ainsi que cela s’est produit lors de la grande crise de la foi au IVe siècle.

[Mgr Schneider cite ici un long passage de Les ariens du 4e siècle du Cardinal Newman sur le rôle des petits et des humbles pour la sauvegarde de la foi : « L’époque des docteurs de l’Eglise, représentés par les saints Athanase, Hilaire…, Augustin, qui auraient failli sans eux » : « Et pourtant, au cours de cette même époque, ce sont les fidèles bien plus que l’Episcopat qui ont proclamé et préservé la tradition divine confiée à l’Eglise infaillible. » « Pendant cette époque d’intense confusion, le dogme divin de la divinité de Notre Seigneur était proclamé, respecté, maintenu, et (humainement parlant) davantage préservé par l’Ecclesia docta que par l’Ecclesia docens. »]

Nous devons encourager les catholiques de ordinaires à rester fidèles au catéchisme qu’ils ont appris, à être fidèle aux claires paroles du Christ dans l’Évangile, à être fidèles à la foi qui leur a été transmise par leurs pères et leurs aïeux. Nous devons organiser des cercles d’études et de conférences sur l’enseignement constant de l’Eglise sur la question du mariage et de la chasteté, en y invitant spécialement les jeunes et les couples mariés. Nous devons montrer la beauté même d’une vie chaste, la beauté même du mariage chrétien et de la famille, la grande valeur de la Croix et du sacrifice dans nos vies. Nous devons présenter toujours davantage les exemples des saints et des personnes exemplaires qui ont montré qu’ayant pourtant souffert les mêmes tentation de la chair, et subi la même hostilité et la même dérision de la part du monde païen, ils ont vécu avec la grâce du Christ une vie de joie dans la chasteté, au sein du mariage chrétien et de la famille. La foi, la foi pure et intégrale catholique et apostolique vaincra le monde.

Nous devons fonder et promouvoir des groupes de jeunes au cœur pur, des groupes de familles, des groupes d’époux catholiques, qui s’engageront à rester fidèle à leurs vœux matrimoniaux. Nous devons organiser des groupes qui aideront moralement et matériellement les famille brisées, les mères seules ; des groupes qui assisteront, par la prière et par les bons conseils, les couples séparés ; des groupes de personnes qui aideront les « divorcés remariés » à entamer un processus de conversion sérieuse, en reconnaissant avec humilité leur situation de péché qui viole le commandement de Dieu et la sainteté du sacrement de mariage. Nous devons créer des groupes qui aideront avec prudence les personnes ayant des tendances homosexuelles afin de les faire entrer sur le chemin de la conversion chrétienne, ce chemin beau et joyeux d’une vie chaste, et pour leur proposer éventuellement, de manière délicate, une aide psychologique. Nous devons montrer et prêcher à nos contemporains de ce monde néo-païen le pouvoir libérateur de la bonne nouvelle de l’enseignement du Christ : que le commandement de Dieu, y compris le sixième commandement, est sagesse et beauté. « La Loi de Dieu est parfaite, elle nous redonne vie. Toutes ses affirmations sont dignes de confiance. Aux gens sans détour elle donne la sagesse. Justes sont ses exigences, elles font la joie du cœur ; et ses ordres, si limpides, donnent du discernement. » (PS 19, 7-8.)

— Au cours du Synode, Mgr Gądecki, archevêque de Poznan, et d’autres distingués prélats ont publiquement exprimé leur désaccord avec le fait que les résultats des discussions s’éloignaient de l’enseignement constant de l’Eglise. Existe-t-il un espoir qu’au milieu de cette confusion, il y ait un réveil des membres du clergé et des fidèles qui ignoraient jusqu’ici qu’au sein même de l’Eglise il y a des personnes qui sapent l’enseignement de notre Seigneur ?

— Il est certainement tout à l’honneur du catholicisme polonais que le président de la Conférence épiscopale, Son Excellence, Mgr Gądecki, ait défendu avec clarté et courage la vérité du Christ sur le mariage et la sexualité humaine, se montre ainsi un vrai fils spirituel de saint Jean-Paul II.

Le cardinal Georges Pell a bien décrit le programme sexuel libéral et le soutien prétendument miséricordieux et pastoral à la communion pour les divorcés remariés que l’on a vu au cours du Synode, disant que il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg et d’une sorte de cheval de Troie dans l’Eglise. Qu’au sein même de l’Eglise, il existe des personnes qui sapent l’enseignement de Notre Seigneur est devenu un fait visible pour le monde entier, grâce à Internet et au travail de certains journalistes catholiques qui n’était pas indifférents à ce qui se arrivait à la foi catholique qu’ils considèrent comme le trésor du Christ. J’ai été heureux de voir que certains journalistes catholiques et bloggueurs se sont comportés en bons soldats du Christ en attirant l’attention sur ce programme clérical de sape de l’enseignement pérenne de Notre Seigneur.

Les cardinaux, les évêques, les prêtres, les familles catholiques, les jeunes catholiques doivent se dire : « Je refuse de me conformer à l’esprit néo-païen de ce monde, même lorsque cet esprit est répandu par certains évêques et certains cardinaux, je n’accepterai pas leur utilisation fallacieuse et perverse de la sainte miséricorde divine et d’une « nouvelle Pentecôte », je refuse de jeter des grains d’encens devant la statue de l’idole de l’idéologie du genre, devant l’idole du remariage, du concubinage, même si mon évêque devait le faire, je ne leferai pas ; avec la grâce de Dieu je choisirai de souffrir plutôt que de trahir l’entière vérité du Christ sur la sexualité humaine et sur le mariage. »

Ce sont les témoins qui convaincront le monde, et non les professeurs, a dit le bienheureux Paul VI dans Evangelii nuntiandi. L’Eglise et le monde ont vraiment besoin de témoins intrépides et sincère de la vérité intégrale du commandement et de la volonté de Dieu, de la vérité intégrale des paroles du Christ sur le mariage. Les Pharisiens et les scribes cléricaux modernes, ces évêque et ces cardinaux qui jettent des grains d’encens devant les idoles néo-païennes de l’idéologie du genre et du concubinage, ne persuaderont personne à croire au Christ ou à être prêts à offrir leur vie pour le Christ. En vérité, « veritas Domini manet in aeternum » (Ps 116, la vérité du Seigneur demeure pour toujours), « le Christ est le même hier aujourd’hui et pour toujours » (Héb 13,8), et « la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Cette dernière phrase était l’une des citations de la Bible préférées de saint Jean)-Paul II, le pape de la famille. Nous pouvons ajouter : la vérité divine révélée et transmise sans changement sur la sexualité humaine et le mariage apportera la vraie liberté aux âmes, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise. Au milieu de la crise de l’Eglise et du mauvais exemple moral et doctrinal de certains évêques de son temps, saint Augustin réconfortait les simples fidèles avec ces paroles de : « Quels que nous soyons, nous évêques, vous êtes en sécurité, vous qui avez Dieu pour père et son Eglise pour mère » (Contra litteras Petiliani III, 9-10).

Source: Riposte catholique
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Message par Invité le Lun 26 Jan 2015 - 13:09

Quel courage !
Comme un prophète qui prêche dans le désert, Mgr Schneider ayant une claire vision de l'attaque menée à l'intérieur de notre Eglise nous la livre en termes clairs.


Il est bon de relire cet article et de le communiquer autour de nous.Il y a tant de catholiques qui ne se rendent pas compte du danger de cette attaque sans précédent.

Prière du rosaire, confession et communion fréquente seront les remèdes nécessaires pour tenir bon et préserver l'unité de l'Eglise mise à mal.

Merci à chacun(e) d’œuvrer en ce sens.


Fraternellement,

Michel
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Message par Invité le Sam 31 Jan 2015 - 22:43

Synode sur la famille : l'Instrument de travail sera publié en juin

Les mouvements familiaux invités à participer au débat

Rome, 27 janvier 2015 (Zenit.org) Anne Kurian

Le secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, invite les mouvements ecclésiaux au service des familles à participer au débat en vue du prochain synode sur la famille (4-25 octobre 2015). Il annonce que "l’Instrument de travail" (Instrumentum laboris) du synode sera publié en juin.

Plus de 500 personnes, représentant 80 mouvements et associations nationales et internationales pour les familles, en provenance de 26 pays des cinq continents, étaient réunies à Rome pour le "Congrès international des mouvements, des groupes et des associations de la famille et de la vie", du 22 au 24 janvier 2015.

« Nous sommes en chemin et la méthodologie est aussi en chemin... cette période entre les deux synodes est la plus importante », a souligné le cardinal Baldisseri au cours de la rencontre, co-organisée par le Secrétariat du synode des évêques et le Conseil pontifical pour la famille.

Il a annoncé que l’Instrumentum laboris du synode serait publié en juin. Les diocèses ont jusqu’au 15 avril pour répondre aux 46 questions du « document préparatoire » envoyé en décembre dernier (Lineamenta).

Le cardinal a invité les participants à « communiquer leurs différentes expériences » et à réfléchir à la première question : « La description de la réalité de la famille présente dans la Relatio Synodi correspond-elle à ce que l’on observe dans l’Église et dans la société d’aujourd’hui ? Quels aspects manquants peut-on intégrer ? »

Il a salué la « richesse extraordinaire » que représentent ces mouvements pour l’Église, mouvements dont « la plus grande partie sont apparus après le concile Vatican II ».

Encourageant la « recherche de choix pastoraux courageux, en particulier dans le soin des familles blessées », le cardinal a invité à « garder à l’esprit les situations de ces fidèles qui, tout en vivant des situations matrimoniales irrégulières, désirent participer toujours plus pleinement à la vie de l’Église et sont disposés à s’engager sérieusement dans un parcours progressif ».

Dans l’attente des réponses des Conférences épiscopales et en vue de l’assemblée d’octobre, « des groupes d’étude à différents niveaux à Rome, aborderont les thèmes plus sensibles, surtout ceux qui concernent les points qui n’ont pas eu la majorité requise », c’est-à-dire la possibilité de donner la communion aux personnes divorcées remariées et les familles qui ont en leur sein des personnes homosexuelles, a-t-il précisé.

Avec une traduction de Constance Roques

Force est de constater que les idées du monde ont la dent dure.
La crainte d'un schisme dans l'Eglise est plus que réel; que nous réserve octobre 2015 ?

Mich'el

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