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"Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

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"Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Jeu 31 Mar 2016 - 22:45

"Prier les psaumes avec le Christ"

http://www.cursillos.ca/priere/psaumes/psaumes-intro.htm

Présentation

On dit que Thérèse de Lisieux n'était pas à l'aise pour prier avec certains psaumes qui parlaient de peur de Dieu ou de haine des ennemis. J’ai aussi rencontré souvent des gens qui m'ont dit ressentir le même malaise en lisant les psaumes, à la messe ou dans la Liturgie des Heures.  

Pour ma part, j'ai longtemps essayé de contourner la difficulté. En mon cœur, je remplaçais les expressions «peur de Dieu» ou «haine des méchants» par «peur de ne pas aimer assez le Seigneur» et par «haine du mal» plutôt que des méchants. J’étudiais aussi diverses exégèses qui suggéraient le sens mystique de certaines expressions. Mais cette gymnastique intellectuelle grugeait la spontanéité de ma rencontre filiale avec le Dieu-Père annoncé par Jésus.  

Je me suis donc risqué à réécrire les psaumes en délaissant le cadre de l’Ancien Testament pour favoriser une mentalité véritablement évangélique. Je voulais rejoindre vraiment la pensée de Jésus telle qu’elle apparaît dans l’Église du Nouveau Testament. D'où le titre: "Prier les psaumes avec la Communauté du Christ".


Les psaumes risquent de nous garder dans l'Ancien Testament

Étant donné que la prière est éducatrice de notre foi, les psaumes risquent de nous garder dans la foi d'Abraham plutôt que dans la foi de Jésus. Il est facile de constater, dans notre vie quotidienne, que beaucoup de nos réactions viennent instinctivement de l'Ancien Testament plutôt que de l'Évangile : notre Dieu reste souvent un Tout-Puissant qui exige l'obéissance plutôt qu’un Père qui offre son amour; il reste le Créateur qui produit tous les événements, même éprouvants, plutôt que l'Esprit qui donne sens à toutes les situations, heureuses ou malheureuses, produites par des humains; il est le Maître qui récompense ou punit selon le mérite plutôt que le Père miséricordieux toujours gratuit; il est le Protecteur d'une Communauté privilégiée plutôt que le Sauveur de toute l'humanité.

Réécrire les psaumes et non pas les traduire

Il ne s'agit pas d'une nouvelle traduction des psaumes: il y en a de très belles et elles sont indispensables pour nous faire pénétrer dans le cœur de nos ancêtres et pour nous enraciner dans leur foi qui est à l'origine de la nôtre. Mais il faut toujours nous souvenir que la foi d'Abraham ne trouve son vrai sens qu’à la lumière de la foi de Jésus. D’ailleurs, les psalmistes ignoraient que leur parole portait un sens mystérieux à découvrir au temps des Évangiles. Nous amputons une partie importante de leur message quand nous refusons de saisir plus que n’exprime leur verbalisation consciente.

Mais ce qui restera valable pour tous les temps, ce sont les multiples expériences spirituelles évoquées devant le Seigneur dans la prière originelle des psaumes. Ces expériences naissaient au fil des événements quotidiens et provoquaient, chez les gens, toutes les sortes de sentiments: joies ou peines, épreuves ou bien-être, attentes ou déceptions, conflits ou réconciliations, agressivité ou douceur, enthousiasme ou dépression, audace ou peur, amour ou haine. En somme, tout ce que peut vivre le peuple de Dieu dans son esprit, dans son cœur et dans son corps et dont il cherche le sens pour l’intégrer au dessein du Tout-Puissant : voilà le matériau dont les psalmistes se servaient pour parler de son Peuple à Yahweh ou pour annoncer Yahweh à son Peuple

En priant les psaumes, la Communauté du Christ suit la même démarche, mais elle communique avec le Dieu révélé par Jésus plutôt qu'avec le Dieu révélé à Moïse. Comme les psalmistes, j’ai utilisé parfois la louange ou la supplication, parfois l’adoration ou la contrition : car cette pédagogie est aussi nourrissante pour la foi d’Abraham que pour celle de la Communauté évangélique.


Choisir la verbalisation qui convient

Les changements à faire que j’ai crus les plus importants. Parce qu'il s'agit d'un changement de regard sur la vie, certaines expressions et symboles doivent être remplacés comme, par exemple, on ne peut plus présenter la haine des ennemis comme une vertu, ou encore nous référer à Sion comme au centre actuel de l'unité. Et pour garder la caractéristique la plus originale des psaumes, j’ai dû donner priorité à un texte qui favorise la prière du Peuple actuel de Dieu, quitte à sacrifier des perles anciennes très significatives pour les  gens de l’Ancien Testament et même pour les mystiques du Nouveau Testament, mais qui ne s’enracinent pas dans la vie quotidienne d’aujourd’hui. Par exemple, la belle image du berger idéal, au psaume 23, parlait très fort dans une société largement paysanne; mais dans une société industrialisée, l’image du père idéal a beaucoup plus d’impact pour annoncer un Dieu qui veut assurer le bonheur de ses enfants par tous les moyens.  

En réécrivant les psaumes, je ne cherchais pas à conserver le plus possible la verbalisation originale; mais je choisissais les mots ou les expressions qui porteraient davantage le cœur des priants actuels jusqu’au Père, tout en les gardant en contact vivant avec l’inspiration profonde de chaque psaume.


Les changements à faire que j’ai crus les plus importants


1.    Dans la rencontre avec Dieu, il fallait donner plus de place à la familiarité avec un Père plein d'amour qu'à l'adoration du Tout-Puissant. De même, au lieu d'insister sur le respect  craintif de la divinité, j’ai choisi le style plus spontané de l’enfant qui parle, avec son Père, en communion avec Jésus, de ses besoins, de ses problèmes et même de ses erreurs.

2.    Jadis, la collectivité était beaucoup plus présente que l’individu dans la vie quotidienne alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse. J’ai essayé de garder l’équilibre entre ces deux phénomènes en donnant à certains psaumes un climat très personnel et, à d’autres, un climat beaucoup plus communautaire. De toute façon, c’est au priant de développer en son cœur des échos communautaires à des expressions plus personnalisées et de se sentir concerné personnellement par les expressions plus collectives. Il importe d’éviter tout pharisaïsme qui se croit pur du mal qui l’entoure ou qui regarde les autres du haut de sa sainteté en se désolidarisant de son entourage. – D’ailleurs pour donner toute sa dimension à la prière des psaumes, nous devons être conscients que c’est la voix du Christ qui parle au Père par notre bouche au profit de toute la Communauté comme à notre profit personnel,

3.    Les psaumes font souvent appel à la justice de Yahweh pour punir les ennemis ou les infidèles. Dans la Communauté évangélique, on multiplie plutôt les demandes de miséricorde au Père, pour soi comme pour les autres, à la manière de Jésus qui a prié même pour ses bourreaux: «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font!» (Lc 23,34).

4.    Jésus ne divise plus le monde entre bons et méchants, car nous ne pouvons pas juger les autres (Lc 6, 36-37) mais les traiter plutôt avec un absolu respect (Mt 5, 22); et faire comme le Père qui donne son soleil et sa pluie à tout le monde, bon ou méchant. (Mt 5, 45) Il nous offre même la capacité d'aimer les gens comme lui les aime (Jn 13, 34). C’est pourquoi j’ai pratiquement éliminé de ces psaumes les expressions qui supposaient un jugement moral sur des personnes comme «les méchants», «les pécheurs», «les ennemis», etc…Ainsi, nous ne demanderons plus pardon à Yahweh de ne pas haïr assez nos ennemis; nous ne le prierons plus de les punir par la mort. Mais nous supplierons le Père de les traiter comme nos frères et nos sœurs et de leur donner la grâce d’accueillir son dessein sur eux. soiffée de la libération offerte par le Sauveur, une libération qui reste à construire ensemble avec lui.

Voilà les principales modifications apportées au texte original des psaumes pour les rendre plus faciles à prier avec le cœur vivant de la Communauté actuelle du Christ. Mais j’ai tâché de ne perdre aucune des richesses spirituelles exprimées par les psalmistes dans leur émerveillement devant l'histoire de Dieu à travers les siècles.




GAUTHIER, Roger, o.m.i., Prier les psaumes avec le Christ, Fides/Médiaspaul, SOCABI, 2003, 253 p.

On peut se procurer ce volume dans toutes les bonnes librairies, et via Internet

http://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=25492&def=Prier+les+psaumes+avec+le+Christ%2CGAUTHIER%2C+ROGER%2C2894990367

http://www.laprocure.com/prier-psaumes-avec-christ-roger-gauthier/9782894990995.html

http://www.livresquebecois.com/livre.asp?id=pzabbwabpzug&/prier-les-psaumes-avec-le-christ/roger-gauthier

http://mediaspaul.qc.ca/catalogue/prier-les-psaumes-avec-le-christ-nouv-ed-1982



Oblat de Marie Immaculée, le père Gauthier a consacré sa vie à l'animation spirituelle et publié plusieurs livres. Convaincu de la richesse des psaumes, il tient à en faire une prière qui parle au coeur. Il choisit des mots proches de la vie quotidienne et délaisse le plus possible la mentalité de l'Ancien Testamen afin de tenir compte de la vision évangélique que nous avons aujourd'hui de Dieu et de nos rapports avec Lui. Il nous explique ici le sens de cette réécriture.

Roger Gauthier, o.m.i.]

460 - 1ère Rue
Richelieu, Qc, Canada
J3L 4B5
rgau@edifice-nd.com


Je poste en video le même psaume tel que nous pouvons le lire dans la Sainte Bible, accompagné d'une méditation.





Mon bonheur

Psaume 1

Ant. L'arbre de vie, c'est ta croix, Seigneur. Alléluia! 

 


Me diriger d'après mes caprices, 
nier le mal qui m'habite, 

refouler Dieu dans un coin de ma vie, 
ne m'a jamais rendu heureux. 

Mais je goûte une joie profonde 
quand je me laisse éclairer par le Seigneur, 

quand ses pensées m'habitent 
la nuit comme le jour, 
au travail comme au repos. 

En ces moments-là, je me sens plein de vie, 
comme un arbre aux feuilles toujours vertes, 

qui produit fidèlement les fruits qu'on en attend, 
qui ne craint pas le prochain hiver 
parce qu'il est toujours sûr du printemps à venir. 

S'il m'arrive, au contraire, de faire mes propres lois, 
je me sens fragile comme la fleur 
que détruira le prochain coup de vent; 

je redoute l'arrivée d'un Dieu tout-puissant 
que je voudrais oublier. 

J'ai peur alors d'avoir raté ma vie: 
car je me souviens du bonheur que j'ai vécu 

pendant mes moments d'intimité 
avec un Seigneur que j'appelle mon Père.






Heureux !

Ca tombe mal, je me suis levé, du mauvais pied ce matin. J’ai médit hier sur mes collègues, et je ne vois pas bien ce qui m’empêcherait de le faire aujourd’hui. D’ailleurs j’avais de bonnes raisons. Quant à murmurer la loi du Seigneur jour et nuit, ce n’est pas l’urgence. J’aimerais plutôt trouver le sommeil ! Il ne manquerait plus que je me lève de nuit pour réciter des prières. C’est vraiment mal parti cette affaire. Non, les psaumes, ce n’est pas pour moi. Sitôt ouvert, sitôt refermé : le Psautier c’est pour les pros ; moi je suis un âne, disons, un débutant.

Et pourtant, oui, j’aimerais porter du fruit. J’en porte d’ailleurs, mais à mon rythme. L’important est de tenir la longueur. J’en connais qui flambent, et qui s’écroulent d’un coup, engloutis par le tourbillon de leurs projets, et leurs chimères. Ils perdent pied, faute de racine. Vais-je courir après Dieu comme je cours après le temps ? 

Mon urgence, je le vois, c’est d’aller lentement. Ca, je veux bien. Pas à pas, psaume à psaume. Un chemin buissonnier, parcouru à pas d’âne. Méditer, et ne plus médire. Flâner, pour ne pas flétrir !

Un autre avant moi m’a ouvert cette voie : le Juste par excellence. Le Christ, en son temps, a prié dans ce livre. Ces psaumes, il les connaît, je le voudrais comme guide. Ces prières, il les aimait, je le veux comme ami. Ces cris, ce fut sa Paix. Qu’elle descende sur moi et ceux qui aujourd’hui rentreront dans ce livre.
Ce matin, je ne me suis pas levé pour rien : Heureux !



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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Jeu 31 Mar 2016 - 23:44



Père de l'univers

Psaume 67 (66)

Ant: Fais briller sur nous, Seigneur,
la lumière de ta face
 



Que le Père nous prenne en son cœur
et qu'il nous garde en sa bienveillance.

Qu'il nous fasse vivre de sa présence
afin que tout le monde cherche son projet
et que toute la terre découvre le Sauveur.

R/ Père, que les peuples soient émerveillés de toi,
que tous ensemble, ils soient émerveillés !

Que toutes les nations chantent leur joie
en te voyant les gouverner avec bonté
et les conduire selon ton amour.

R/ Père, que les peuples soient émerveillés de toi,
que, tous ensemble, ils soient émerveillés !

L'univers a produit ses fruits:
c'est une vraie bénédiction du Père.

Qu'il ne cesse jamais de nous bénir
et que la terre entière s'attache à lui !





La terre a donné son fruit

Rien de plus mystérieux, unique, qu’un visage.

Nous passons des heures à contempler le visage du nouveau-né, de l’enfant endormi, le visage de l’être aimé.
Nous contemplons aussi le visage travaillé par les ans, ou creusé par la maladie et qui va mourir. Nous le contemplons, non qu’il soit esthétique. Mais parce qu’il est beau. Beauté de l’histoire partagée, de l’amour vécu, de la fidélité qui a traversé la violence des flots de l’existence. Beauté de son dénuement même. Lui qui est remis à notre responsabilité.

Le visage est ainsi unique. Nul ne lui ressemble. Non de par sa plasticité, mais par sa profondeur qui m’appelle, me convoque. C’est ce que déploie le philosophe Emmanuel Lévinas : Le visage est épiphanie, manifestation qui m’oblige à le secourir, à prendre soin de sa nudité, de sa vulnérabilité.

Voilà sa véritable beauté, celle qui dit le cœur de l’humain. Ce ne sont ni la cupidité, l ‘avidité, la convoitise, qui caractérisent l’homme.

Mais qu’il puisse, à tout moment, quitter la fascination de la puissance, au nom d’un seul visage véritablement rencontré.

Vocation véritable de l’humain.
Vocation de Dieu. Lui qui se donne à rencontrer par son visage.

« Que son visage s’illumine pour nous » invoque le psalmiste. Lui, le Dieu de l’Alliance, lui dont le visage fut bafoué, humilié, défiguré, qu’il vienne nous apprendre ce que nous sommes véritablement. Que son visage brille sur le nôtre, nous transforme.
Épouser le visage de Dieu. Se laisser renouveler par le visage du Christ, icône du Père.

Que notre Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse.
Que son visage se grave sur nos traits.



Sœur Véronique Margron 

http://www.psaumedanslaville.org


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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Ven 1 Avr 2016 - 15:55



Joie de résurrection

Psaume 98 (97)

Ant: Chantez au Seigneur un chant nouveau
car il a fait des merveilles.
 



Chantez à votre Père un chant nouveau,
car il a fait quelque chose de merveilleux.

Il a fait agir sa puissance pour le Sauveur
en lui donnant la victoire sur la mort.

Il a révélé cette victoire à travers le monde;
il a fait connaître combien il l'aimait.

Il a confirmé la vérité de ses promesses
en faveur de toute l'humanité.

Jusqu'au bout de la terre, on a vu
la victoire de notre Sauveur.

Tout le monde, acclamez votre Père,
faites éclater vos chants de joie et vos musiques;

jouez pour lui de tous vos instruments;
faites-en une grande symphonie
pour fêter votre Sauveur et votre Père.

Que grondent la mer et ses richesses,
l'univers et ses habitants !

que sur les fleuves claquent les vagues
et que dans les montagnes éclatent des cris de joie

devant le Sauveur qui nous arrive
pour prendre en charge toute la terre,

pour gouverner le monde avec amour
et le conduire jusqu'à la vérité.





« Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles. »


Quand on entonne un chant nouveau, on y met toute sa joie.

Quelle joie éclatante émane de ce psaume ! D’abord, il y a le chœur de ceux qui chantent. Puis ces voix sont accompagnées d’instruments tels que la lyre, la trompette et le cor. Laissez-vous porter par cette harmonie, puissante et joyeuse symphonie. Qui n’a jamais fait l’expérience d’une telle allégresse ? Lequel d’entre nous n’a jamais participé à de tels transports, soit en mêlant sa voix à d’autres voix qui montent vers le Seigneur, soit tout simplement en goûtant à la musique sacrée ?

Il est digne en effet de te bénir, Seigneur, parce que tes merveilles nous emplissent de joie. Dans notre vie, dans notre histoire, tu nous as montré que tu étais le Sauveur, notre Sauveur. La création toute entière avec les instruments de musique, se joint aux habitants du monde dans une vaste symphonie pour célébrer leur sauveur.

Tout ceux parmi nous qui ont admiré la beauté de la nature – celle de la montagne notamment – ont vécu, à l’unisson de cette joie où l’univers entier rend gloire au Seigneur.
« La terre et la mer acclament Dieu, les fleuves l’applaudissent et les montagnes crient de joie. »

Au chapitre 5 de l’Apocalypse, Saint Jean parle aussi d’un chant nouveau adressé, celui-ci, à Jésus, sauveur du monde. Ce sont les quatre vivants et les vingt quatre anciens qui l’entonnent. Ils sont rejoints par une multitude d’anges et par toutes les créatures de l’univers entier ; celles qui vivent dans le ciel, sur la terre, sous la terre et dans la mer. Une mise en scène extraordinaire pour chanter. Ils concluent leur chant en s’exclamant « A celui qui siège sur le trône ainsi qu’à l’Agneau, la louange, l’honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. »



Frères du 28 

http://www.psaumedanslaville.org


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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Sam 2 Avr 2016 - 23:14



Père, prends soin de ta vigne.

Psaume 80 (79)

Ant: Dieu de l'univers, reviens enfin, visite
cette vigne que tes mains ont plantée.
 



Ô Toi, Sauveur du monde, écoute-nous.
Tu es avant toute créature, plus grand que l'univers,

tu pris charge de nos pères comme leur berger
pour les conduire jusqu'à la Terre promise.

Maintenant, c'est nous qui avons besoin de toi:
manifeste ta présence et viens nous sauver.

R/ Père, nous avons besoin de revivre:
fais-nous voir ton sourire et nous serons sauvés.

Jusqu'à quand vas-tu nous paraître si loin,
si indifférent quand nous prions?
combien de temps encore ravaler nos larmes ?

Des voisins décrient notre attachement à toi,
des gens qui nous en veulent se moquent de nous.

R/ Père, nous avons besoin de revivre:
fais-nous voir ton sourire et nous serons sauvés.

Cette famille que tu as libérée de l'esclavage
tu l'as recréée à l'image du Sauveur;

tu as changé son regard sur la vie
pour qu'elle s'enracine dans la foi pascale
et finisse par couvrir le monde.

Très vite elle a rejoint de grandes nations,
elle a rejoint les gens les plus fiers;

elle a multiplié ses communautés
sur tous les continents.

Mais le mal essaie toujours de la détruire;
des idées étranges la contaminent;

on voudrait remettre la guerre en valeur,
remplacer l'amour par la vengeance.

Ô Père de miséricorde, regarde-nous;
ramène-nous dans le cœur du Sauveur.

Redonne à ta famille, rassemblée dans l'amour,
de retrouver toute sa vitalité.

Tu vois bien qu'elle est affaiblie, ravagée;
à tes yeux, elle n'a pas bonne mine.

Rends efficace le Sauveur que tu as envoyé,
qu'il fasse éclater la force de salut mise en lui.

Alors nous resterons intimes avec toi;
tu nous donneras la vie
et nous te laisserons nous aimer.

R/ Père très bon, nous avons besoin de revivre,
fais-nous voir ton sourire et nous serons sauvés.





Cette vigne

C’était un grand cru.
Le maître de chais soignait cette vigne comme son épouse. Chaque matin, il passait dans ses rangs, goûtait là un raisin, caressait ici une feuille, dégageait ailleurs un cep.
Il connaissait la couleur de la terre et son goût, qui se retrouvaient dans la robe de son vin, et la chaleur du soleil qui lui donnait sa profondeur.
C’était un grand cru, présent à toutes les fêtes. Tous les mariés en avaient bu, à chaque naissance on trinquait.

Mais le temps de la fête n’est plus.
La vigne, abandonnée aux éléments et aux animaux, périt. Les sangliers s’en mêlent. Ils la dévastent et mangent un peu de tout, ceps, feuilles, fruits. Car le sanglier ne connaît ni le prix du vin ni celui de la fête. Et l’homme seul pleure quand la fête n’est plus.

Le soin séculaire du maître de chais est réduit à néant. Il n’y a plus ni ouvrier, ni vendangeur. Ils ont été tués. Plus de fête, plus de vin, plus de joie.

Le maître du domaine avait pourtant tenté de sauver sa vigne. Il avait envoyé son Fils, son unique héritier. Mais, comme les raisins foulés, son sang a rougi la terre de cette vigne ; il « couvre les montagnes » et s’étend « jusqu’à la mer ».

Et le grand bois où le Fils fut sacrifié se dresse comme un nouveau cep, d’où jaillit ce nouveau vin.

Inutile de reconstruire la clôture. Ce vin est pour tous.
Il est le grand vin de la fête, celui que l’on sert en dernier, celui que l’on n'attendait plus.
Il est Dieu lui-même qui s’offre en libation, pour sauver nos fêtes dévastées, et leur rendre la joie.



Sœur Anne Lécu 

http://www.psaumedanslaville.org


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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Lun 4 Avr 2016 - 21:21



Le Seigneur est un Père

Psaume 34 (33)

Ant: Qui regarde vers lui resplendira:
sur son visage, plus d'amertume.
 



Je voudrais fêter le Seigneur tout le temps,
le louer sans cesse à pleine bouche.

Je suis heureux qu’il soit notre Père !
que la joie des pauvres et des petits
éclate en écoutant mes chants;

qu’ils s’unissent à moi pour célébrer
un Père si merveilleux.

Quand je l’ai cherché, il m’a répondu;
il m’a libéré de mes inquiétudes.

Il m'a suffi de regarder vers lui
pour que la joie me couvre le visage
et que s’efface tout signe de malaise.

Dès qu’un malheureux l’appelle,
il manifeste sa présence et le soutient
au cœur des pires détresses.

Il envoie quelqu’un pour prendre soin
des gens qui comptent sur lui;
il empêche le mal de les détruire.

Reconnaissez comme est bon le Seigneur.
C’est une grâce de se réfugier en lui !

Vous qui vivez de ce don,
gardez votre cœur à sa merci :
rien ne manque à qui lui fait confiance.

Les riches ont toujours faim,
mais les gens qui cherchent le Seigneur
ne sont jamais troublés par leurs désirs.

Ant. Du coeur abattu, le Seigneur est proche.

Venez, tous les enfants du Père.
Si vous aimez la vie et voulez être heureux,
voici comment rester proches de lui.

Gardez votre langue de semer le mal;
surtout, ne répandez pas de médisances.

Évitez les gestes faux;
choisissez de faire ce qui est bien.

Appliquez-vous avec acharnement
à bâtir la paix autour de vous.

Rappelez-vous !
Le Père est attentif à qui l’aiment;
il écoute le moindre de leurs cris.

Il lutte avec eux contre tout mal
jusqu’à sa destruction complète.

Il entend toujours les gens qui l’appellent,
il les dégage de leurs épreuves.

Il fait grande attention aux cœurs brisés,
il les protège du découragement.

Parfois, les épreuves s’accumulent ;
chaque fois, le Père est là :

il s’assure que l’essentiel est intact,
que la Vie n’est pas détruite.

C’est plutôt l’occasion de détruire le mal
ou d’en faire saisir toute la profondeur.

Le Seigneur est venu pour libérer
tous ceux qui se fient à lui;

ceux qui cherchent sa protection
ne seront jamais privés de son amour.





Goûtez et voyez

À quoi pense le psalmiste ? La prière qu’il murmure en secret aurait de quoi réjouir un cœur de pauvre ? Et qui est-il ce pauvre ? Qui ? Sinon le petit parmi nous, celui qui vit sans pouvoir sur les autres et qui est sans cesse exposé à la violence des injustes, à la merci des puissants. Mais un petit, un pauvre, celui qui n’a rien à lui, de quoi peut-il bien se réjouir ? De tout bien ! De tout ce qu’il reçoit de bon et qui lui fait aimer la vie. De mille petites choses, qui lui font traverser les épreuves du quotidien, porté par l’espérance. Il se réjouit du pain comme de l’amitié partagés. Dans la foule des visages déformés par le trouble des passions humaines, faces d’ombre que fuit la joie, le pauvre se réjouit à la vue d’un visage ouvert, qui lui sourit.

Un simple sourire, un instant, a pour lui l’éclat du Ciel : « Qui regarde vers lui resplendira sans ombre, ni trouble au visage. » Le pauvre se réjouit chaque fois que son chemin croise les pas d’un homme qui ne l’écarte pas avec mépris. Signe que cet homme-là ne place pas sa gloire en lui-même, mais en Dieu, père des pauvres. Il se réjouit au sortir d’un péril. Pas un os brisé ! Il se réjouit de pouvoir se glisser dans l’enclos du Seigneur, sous la protection de son ange. Il se réjouit de la déroute des méchants et de la délivrance du juste.

Jésus, en ta Passion tu as pris la place du pauvre, tu t’es laissé broyer par les pouvoirs de ce monde. Par l’enseignement de ta Passion, fais-nous aimer le pauvre, le petit, en nous et chez nos frères humains.



Frère Pascal Marin 

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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Mar 5 Avr 2016 - 13:39



À la gloire du Père

Psaume 113 (112)

Ant: Du lever au coucher du soleil,
béni soit le nom du Seigneur.
 



Tous les enfants du Père,
louez-le;
louez son nom
qui est amour.

Que ce nom soit béni
de siècles en siècles,
du soleil levant
jusqu'au soleil couchant;
loué soit l'amour du Père !

C'est un amour offert
à toutes les nations;
il s'étend plus loin que tous les univers.

Personne ne pourra
jamais aimer comme lui.

Qu'on regarde tout en haut
ou tout en bas,
qu'on fixe la terre ou les cieux:
partout son amour est présent.

Il donne au faible de se relever
de sa chute,
il offre au pauvre de laisser
ses guenilles pour endosser
des vêtements neufs,
et vivre comme un enfant de sa famille.

Il transforme une vie stérile
en appel aux gens
qui désirent vivre d'amour.









Du levant au couchant du soleil

Quel splendide tableau, mais splendide isolement : Là-haut, dans les nuées, tout doit être superbe, pas un bruit pour gâcher l’étourdissant spectacle d’un univers entier grouillant là, sous vos pieds ! Dieu bien tranquille, se tient en ses palais. Mais il a trop d’amour, et seul : à qui donner ?

Il voudrait partager son ciel, et ses merveilles, avec tous ceux d’en bas, ou les plus bas d’entre eux. Alors il descend, en dessous des nuages, plus bas que nos palais, pâles répliques humaines de son ciel étoilé, plus bas que les maisons et les tours sublimes, ou s’entasse tout l’or des puissants de ce monde. Il tombe tout en bas, au raz de notre terre là où rampent et où traînent les hommes miséreux.

Leur ciel : la poussière, leur regard courbé n’a pas d’autre horizon que ce terrain aride.

Et c’est là, sous les yeux de ceux qui fixement ne regardent que la terre dont ils furent tirés, que le maître céleste un jour s’est incarné. « Poussière tu deviendras, poussière, je me suis fait. Et plus bas que la terre j’irai aussi chercher ceux qui dans les enfers sont avant toi tombés. » Son regard s’abaisse, sa main s’est élevée, et dans les bras ouverts là-haut sur le calvaire, c’est le raz de la terre que Dieu emporte au ciel, c’est le fond des enfers qu’il vient aussi chercher.

Je veux choisir la cendre, si d’elle l’on renaît, je veux être le faible, que tu viens élever. Je veux avoir pour Mère celle qui t’a conçu, pour apprendre avec elle ta douce humilité.



Frère Franck Dubois







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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Mer 6 Avr 2016 - 21:47



Père, qu'est-ce que ma vie pour toi ?

Psaume 90 (89)

Ant: Rassasie-nous de ton amour au matin, et
nous vivrons dans la joie et les chants.
 



Père, d'âge en âge, de siècles en siècles,
tu prends soin de nous.

Toi, tu existes avant les montagnes,
avant tout l'univers et ce monde immense:

tu es là depuis toujours et pour toujours;
notre Dieu, c'est toi.

Tu nous as créés pour être de passage;
tu as dit: " Fils d'Adam, retournez à la poussière !"

Devant toi, mille ans, c'est comme hier,
comme une journée fugitive,
comme une petite heure au milieu de la nuit.

Nous disparaissons comme le sommeil au réveil;
nous ressemblons à l'herbe qui fleurit le matin
pour se faner et sécher la journée même.

De plus, nous redoutons ta colère,
et nous craignons que tu ne sois furieux

quand nous te présenterons nos erreurs,
quand ta lumière débusquera nos mauvais secrets.

Oui, il te serait facile de mettre fin à nos jours:
le temps d'un soupir et tout est fini !

Soixante-dix ans, c'est la durée de notre vie;
quatre-vingts, si notre santé est bonne.

Nous nous agitons à travers peine et misère:
c'est vite passé et nous disparaissons.

Qui peut soupçonner la force de ta présence ?
Plus on t'accueille, plus on la reconnaît !

Apprends-nous à vivre à fond chaque jour
et nous découvrirons la sagesse de ton amour.

Ô Père, jusqu'à quand nous faut-il t'attendre ?
Redonne encore de l'amour à tes enfants.

Dès le matin, rassasie-nous de ta tendresse
et nous crierons de joie toute la journée.

Transforme en consolations nos épreuves,
tous ces moments marqués par la souffrance.

Que ton action soit visible à tes enfants
et ta présence aux gens qui les suivent !

Que ta tendresse de Père nous enveloppe !
Donne de la consistance à notre vie,
oui, donne-lui de la consistance.









Le nombre de nos années

Tout passe si vite !
A peine ai-je eu le temps de me détourner de mon enfance, que j’ai déjà les cheveux blancs.
Et pourtant, du dedans, je balbutie encore, et c’est à peine si j’ai appris à murmurer ton Nom.

Il me faudrait mille ans, ou peut-être l’éternité entière pour que j’aie le temps d’apprendre à écouter le bruit de fin silence qui émane de ton souffle quand tu t’adresses à moi. Et mille ans de plus pour savoir te répondre, avec cette délicatesse que tu as pour nous. Et plusieurs vies, pour comprendre ce que tu attends de moi.

Le printemps est là ; mais à peine ai-je le dos tourné, que c’est la fin de l’été !
Nous avons semé les graines de tomates, nous avons pensé à autre chose, et le fruit rouge est là.

Tu l’as chauffé de ton soleil, et la pluie du ciel l’a nourri. Pendant ce temps, nous étions ailleurs, nous perdions notre temps en billevesées et nous t’oubliions.

Qu’est-ce que ce souffle, Seigneur, que tu retires de la gorges de l’homme avant même qu’il ait appris à respirer à ton rythme ?
Combien de ceux que nous aimons sont partis en terre trop tôt ?
Avons-nous su seulement leur dire des mots de profondeur, et recevoir les leurs, sans tourner la tête trop vite ?

Qu’avons-nous le temps de bâtir, qui soit solide, si le souffle du temps s’acharne à accélérer le rythme des jours et des ans ?

A moins de déposer nos années et nos petites œuvres, en kit, là devant toi, et nos égarements, et nos étourderies, pour que tu reconstruises tout cela à l’endroit, dans l’éclat de ta présence ?



Sœur Anne Lécu







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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Sam 9 Avr 2016 - 2:09



Tous peuvent compter sur le Père

Psaume 146 (145)

Ant: Heureux qui a mis son espoir dans le Seigneur son Dieu. 


Alléluia !
O mon cœur, livre-toi au Seigneur, ton Père !
Toute ma vie tournera à sa louange,
je vieillirai à son service.

Il est inutile de prendre appui sur les puissants
ou sur d'autres, incapables de sauver:

tous s'éteindront et redeviendront poussière,
ce sera la ruine de leurs beaux projets.

Heureux plutôt qui compte sur le Père de famille,
qui met en lui seul toutes ses attentes.

C'est lui qui a créé la terre et les cieux,
la mer et tout ce qui s'y trouve;
il est l'éternel gardien de toutes réalités:

il suscite des défenseurs pour les opprimés,
il amène à partager le pain avec les affamés,

il éduque les prisonniers à la liberté,
il choisit des voyants pour conduire les aveugles,

il donne des appuis aux gens qui fléchissent,
il offre de l'amour à qui le désire,

il suscite des lieux d'accueil pour les émigrés,
il se préoccupe de l'orphelin et de la veuve;
alors que les malfaiteurs se créent leurs ennuis.

Le Père sera toujours là pour ses enfants,
il est le Père de famille, d'âge en âge !
Alléluia !









Espoir dans le Seigneur

Il faudra bien un jour prendre au sérieux cette parole : Le Seigneur délie les enchaînés, et délivre les prisonniers.

Ce n’est pas pour plus tard, ni pour demain,
Car si c’est bien vrai, il faut que cela soit vrai dès maintenant.

Les enchaînés, les vrais, ceux qui ont peur de tout et ne s’aiment pas eux-mêmes, bien souvent font malgré eux subir aux autres le même sort, sans s’en apercevoir. Autour d’eux ils lient, paralysent, arraisonnent la vie, au risque de faire le vide autour d’eux et de redoubler le malheur.

Si nous sommes du Ressuscité, il n’y a pas d’histoire : il faut avec lui aimer les enchaînés, être près d’eux une présence dont ils n’ont rien à craindre ; supporter leurs colères et leurs chaînes sans pourtant s’y complaire, et desserrer un tout petit chouïa l’étau qui les enserre.

Et pour cela ne pas attendre d’être soi-même délivré de ses propres chaînes, de ses aveuglements, de ses accablements.

Non, mais si par notre douceur et par notre patience, nous contribuons à délier les autres, nos propres chaînes (qui sait ?), peut-être tomberont.
C’est en donnant l’amour que l’on apprend l’amour. Le changement, c’est maintenant.

Seigneur des vivants, tu n’as pas compté sur les puissants, mais au contraire sur les bras cassés que nous sommes, pour en faire rien de moins que tes messagers.
Ce sont les petits, les invisibles, les très ordinaires, les étrangers que tu as choisis pour déposer dans leurs mots ta voix, ta parole de feu, cette voix qui délivre et relève.

Que mon chant t’enveloppe de gratitude et de reconnaissance.



Sœur Anne Lécu









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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Lun 11 Avr 2016 - 20:24



L'homme au coeur de la création

Psaume 8

Ant: O Seigneur, notre Père, tu es merveilleux;
cette terre que tu crées fait éclater ta gloire.
 



O Seigneur, notre Père, tu es merveilleux;
cette terre que tu crées fait éclater ta gloire.

Même si tu es plus majestueux que ta création,
c’est sur la voix des petits enfants que tu comptes
pour confondre les gens qui refusent de t’aimer;

c’est sur eux que tu t’appuies pour réduire au silence
les gens qui s’acharnent à nier que tu existes.

Quand je regarde ton ciel
avec le soleil, la lune et les étoiles dont tu l’as décoré,

je me demande comment tu peux t’intéresser encore
à un pauvre petit homme :
qu’y a-t-il en lui qui puisse t’intéresser ?
Et pourtant, tu en prends soin autant que des anges,
tu l’enveloppes de ta gloire et de ton honneur,

tu le fabriques à ton image,
tu lui confies le soin de ta création,

tu lui donnes pouvoir sur tous les animaux
domestiques ou sauvages,
ceux des airs et ceux des mers.

Tu mets tout à ses pieds.
O Seigneur, notre Père, tu es merveilleux;
tout ce que tu fais éclate de puissance et d’amour.









Des enfants, des tout petits

Ce verset du psaume fait songer à une scène curieuse de l’Évangile. On la trouve racontée seulement par saint Matthieu (*). Jésus entre à Jérusalem. La foule des bas-quartiers l’accompagne dans les cris de joie. On agite des palmes un peu poussiéreuses, on jette des manteaux rapiécés sous les sabots du petit âne. Ambiance de fête populaire. Ça sent la barbapapa et la merguez. Les badauds se laissent entraîner et la pétulante cohorte grimpe à travers les rues tarabiscotées. Mais au fur et à mesure, les adultes s’éclipsent dans les ruelles adjacentes. Arrivés au temple, à la vue des gardes du grand prêtre et de l’armée romaine menaçante, les enthousiasmes se refroidissent. Jésus et le petit âne poursuivent leur montée, parmi une troupe de plus en plus clairsemée.

Bientôt ne restent plus que les apôtres craintifs et… une bande de marmots excités. Ils entrent dans le temple en chantant. Ils agitent leurs palmes avec un enthousiasme irrépressible. C’est le scandale. La procession se métamorphose en carnaval. Les prêtres sont outrés. Le jour de sa gloire publique, Jésus a trouvé ses fidèles parmi les enfants, les tout-petits. Il s’est écrié ailleurs : « Tu es béni, Dieu notre Père : ce qui tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits ! (**) Et vous, les grands : « Si vous ne devenez pas comme ces enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume (***). » Entrons comme eux dans la demeure de Dieu, dans son Royaume, en chantant à tue-tête.


* chapître 21, verset 15
** Evangile selon saint Matthieu,
chapitre 11, verset 25
*** chapitre 18, verset 3



Frère Philippe Verdin








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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Mar 12 Avr 2016 - 14:13



Joie d'être avec le Père

Psaume 63 (62)

Ant: Mon âme a soif de toi,
toi que je cherche dès l'aube
 



Ô Dieu, c'est toi mon Père, toujours je te cherche;
mon cœur a soif de toi;

loin de toi, même mon corps se dessèche
comme une terre brûlée qui manque d'eau.

Souvent, je m'arrête en ta présence
pour contempler la puissance de ton amour.

Cet amour plus merveilleux que la vie,
je voudrais le célébrer à pleine bouche.

Tous les jours de ma vie, je veux te louer,
porter ton nom dans un cœur toujours en prière,

pour qu'il s'en trouve rassasié
et qu'il puisse chanter sa joie d'être aimé de toi.

Quand je veille et quand je m'endors,
toujours et partout, Père, tu m'accompagnes.

Je te suis, je me serre contre toi;
tu me tiens la main, tu veilles sur moi.

Et mon cœur s'émerveille de ta présence,
il éclate en chants de joie.

C'est pourquoi les épreuves ne me font pas peur;
elles finissent toujours par s'évanouir.

Tu fais de chacune une occasion de grâce;
elle n'est plus qu'un mauvais souvenir.

Et moi, dans le Père, je fêterai ces victoires,
c'est avec lui que ses enfants diront avec fierté:
" Il nous a délivrés du mal ! "









Je te cherche dès l'aube

Voilà le psalmiste en pleine crise d’amour mystique ! Comme la bien-aimée du Cantique des cantiques, dès l’aube, il recherche son divin bien-aimé ! Il est prêt à mourir, s’il le faut, pour aller vers Lui. Son amour ne vaut-il pas mieux que la vie ? Sa chair dépérit comme une terre sans eau ! Il se souvient des visites du Très-Haut dans les veilles de la nuit ! Que sont devenus ces moments d’éternité, saturé de joie qu’il était, dans la contemplation au sanctuaire ? Quand sera-t-il rassasié à nouveau ? Quand pourra-t-il le bénir d’avoir été béni par Lui ? Mais l’attente ne va durer que la moitié d’un psaume. Il est bien là et avec quelle force, quelle gloire, quelle présence ! « Tu es venu à mon secours. Je crie de joie à l’ombre de tes ailes. » Où l’a-t-il trouvé ?

Par les rues et les places ? À l’horizon lointain où l’aube se lève ? Au sanctuaire ? Non, je t’ai cherché à l’extérieur de moi, alors que tu étais là présent à l’intérieur de moi-même, dira plus tard un grand priant des psaumes. C’est en son âme qu’il a retrouvé le Bien-Aimé, le soutien de sa vie : « Mon âme s’attache à toi, ta main droite me soutient. » La respiration de son âme, sa prière, l’arrache à la solitude affolée, où il périssait dans l’absence.

Jésus, en nous apprenant à demander l’Esprit Saint à Notre Père céleste, tu nous inities à la vraie prière. Là où souffle l’Esprit, à l’appel du désir, le priant ne se sent jamais seul. Dans la paix de l’âme se lève pour lui la Présence.



Frère Pascal Marin







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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Mer 13 Avr 2016 - 20:09



Rencontre avec le Père

Psaume 5

Ant: Dieu, le premier nous a aimés,
il nous attire à sa rencontre.
 



Père, dès mon réveil, ce matin,
j’ai préparé ma rencontre avec toi.

Me voici devant toi et j’attends.
J’ai des choses à te dire,

je sais que tu vas les écouter :
tu as toujours été attentif à mes appels
car tu es un Père dominé par l’amour.

Je sais que tu n’aimes pas le mal, où qu’il soit :
en moi comme en toute l’humanité;

je sais que tu le détestes sans équivoque,
et travailles à le détruire partout sur la terre :

surtout chez les gens qui rendent les autres malheureux,
ou qui refusent de voir la vérité sur eux-mêmes,

aussi chez les gens qui cultivent des fruits de mort
ou qui n’ont aucun souci de la justice.

Mais en même temps, ta bonté est si grande
que n’importe qui peut te rencontrer où qu’il soit
et s’en remettre à ton amour,

car tu es fidèle à tes promesses de nous libérer du mal
sur notre route quotidienne.

Pour cela, garde-nous lucides contre nos illusions
qui s’infiltrent en nos pensées, comme en notre cœur ;

nous aimons justifier nos faussetés à nos propres yeux.
Seigneur ne nous laisse pas confondre la mort et la vie.

Tu nous offres de tourner en sources de libération
les épreuves nées de nos propres erreurs :
donne-nous d’accueillir cette action de toi en nous.

Nous rappelant ces réponses de toi à nos appels,
nous sommes habités tout entiers par la joie

et nous voudrions la clamer à tous les jours
comme ta victoire sur le mal qui nous habite.

Ta bienveillance nous enveloppe et nous protège;
sois notre abri aujourd’hui et toujours.









L'abri de mon allégresse

TU ECOUTES MA VOIX

Comment savoir si Dieu écoute? C’est dans ce psaume à la fois une affirmation, “un pauvre a crié, Dieu écoute”, mais c’est aussi une demande : “écoute-moi”.
Tout ce que nous savons de Dieu, c’est Jésus qui nous l’a révélé. Même si nous savons que depuis Adam, Caïn, Abraham, Dieu écoutait l’homme. Il lui parlait et l’invitait à lui parler : “je me tourne vers toi ! “ “je me prépare pour toi”.

Je reste en éveil, dit le psaume d’aujourd’hui, car j’ai beaucoup de choses à dire. Sur ma route, je suis confronté à des “ennemis, à des “pièges” (verset 10) qui me sont tendus et à des “paroles qui tuent”. Le gosier de mes ennemis est un sépultre béant!

Le dialogue avec Dieu “dans sa maison” permet de se réfugier en lui, de s’abriter en lui car il est le “bouclier des justes” (verset 13), celui qui “aplanit leur route” où rôdent des “hommes de ruse et de sang, des menteurs et des malfaisants”.

On est encore loin de l’amour des ennemis et du pardon des offenses! Le psaume au verset 7 parle de la “haine” de Dieu pour les malfaisants. Il parle même de leur “ extermination” au verset 6. Jésus, confronté à la haine de ceux qui ont voulu sa mort sur la croix, nous apprend à les aimer, “même eux” (Matthieu 5, 43 – 48)! C’est un des moines de Tibhirine, le frère Christophe qui nous rappelle que les mots des psaumes font corps avec la situation de violence, d’angoisse et de mensonge. Oui, il y a des ennemis! On ne peut pas nous contraindre à dire trop vite qu’on les aime. Mais son prieur, Christian de Chergé demandera à Dieu de laisser leur bourreau entrer avec eux au paradis… “larrons heureux” !



Frères du 28






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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Jeu 14 Avr 2016 - 15:28



Les pécheurs devant le Père

Psaume 14 (13)

Ant: Tu es venu sauver non pas des justes,
mais des pécheurs.
 



Il faut être fou pour penser que le Père est impuissant
devant les forces du mal.

Bien sûr que le mal touche tout le monde,
que tout le monde fait des erreurs;
car personne n’est impeccable

Mais le Père n’a pas été pris au dépourvu.
Son Fils s’est fait homme et fut reconnu comme tel.

Il est venu vivre au cœur de l’humanité;
il a connu les assauts du mal, comme nous.

Sans cesser d’aimer, il a connu l’abandon
de ses amis et de la foule.

Il a tout fait pour éclairer la route de la Vie
et pour nous ramener tous au Père.

Mais le mal continue de ronger les cœurs;
personne ne réussit une vie sans péché.

Le plus grave, selon le Père,
c’est qu’ils n’ont encore rien compris à l’amour :

ils se font souffrir les uns les autres,
ils mangent sans partager avec le voisin démuni,
ils ne pensent même pas qu'ils sont aimés.

Pourtant le Sauveur ne doute pas de la victoire,
car Il réussit souvent à les inquiéter :

certains devineront que le Père est à l’œuvre
en eux. et autour d’eux;

ils seront gênés de malmener les pauvres
quand ils découvriront que le Père est avec eux.

Il sera merveilleux, le grand rassemblement
d'un peuple sauvé par Jésus,
dans la Maison du Père.

Quelle joie ce sera de se retrouver en une seule famille,
sans plus craindre de manquer d’amour.









Manger mon peuple

Les riches qui ne partagent pas, pire, les riches qui exploitent les pauvres, Dieu les vomit. Le prophète Amos met en garde ceux que l’opulence aveugle, ceux qui s’engraissent par l’exploitation du faible ; Dieu juge avec sévérité cette voracité : « Ils vendent le juste pour de l'argent, le pauvre pour une paire de sandales » (*) Quand vous mangez votre bon pain, c’est la chair de mon peuple que vous mangez. Quand vous buvez votre vin délectable, c’est avec le sang du pauvre que vous vous enivrez !

L’indignation du psalmiste et du prophète ont des accents aussi forts que ceux de Karl Marx ou de Zorro.

Et c’est le chant de la Vierge Marie qui annonce le renversement définitif : « Le Seigneur comble de biens les affamés, il renvoie les riches les mains vides  !  » (**) C’est une leçon dont l’Église ne cesse de témoigner : les pauvres, les exploités, les faibles à la merci du caprice des puissants sont les bénis de Dieu. Bossuet osait le rappeler devant la cour de Louis XIV, devant des hommes à perruque poudrée et devant des femmes couvertes de rubans : « Les pauvres sont les vrais hôtes de l’Église, les riches n’y sont admis que par charité »
Par ta grâce, Seigneur, fournis-nous l’antidote à l’oubli du pauvre. Apprends-nous la pauvreté, quand on sait qu’on reçoit tout de la main du Père des cieux.



* livre d'Amos, chapitre 2, verset 6
** Évangile selon Saint Luc,
chapitre 1, verset 53



Frère Philippe Verdin






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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Ven 15 Avr 2016 - 19:29



Il est ressuscité

Psaume 47 (46)

Ant: Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie!
 



Tous les peuples, battez des mains,
acclamez le Père avec des cris de joie !

Notre Sauveur est vivant,
il le fait régner sur toute l’humanité.

À son salut, tous les peuples ont leur part,
de lui leur arrivent toutes grâces,

c’est lui qui choisit le projet de chacun.
Notre gloire, c’est d’être aimé de lui.

Notre Sauveur est entré dans sa gloire :
il baigne dans l’Amour du Père.

Chantez pour Dieu, chantez !
chantez pour notre Dieu, chantez!

Car il continue de régner sur nous.
Chantez pour lui de votre mieux !

Il règne désormais sur toutes les nations
avec la puissance de son Amour.

Il va rassembler tous les peuples en un seul
autour des témoins créés par lui.

Oui, il ramènera les grands comme les petits
autour de lui, dans l’amour, auprès du Père.









Battre des mains

C’est le rêve de Dieu : que tous les peuples, que tous les hommes soient dans la joie parce qu’ils ont reçu la bonne nouvelle : Dieu est avec vous, les noirs, les jaunes, les blancs, les Péruviens et les Antillais, les Chinois et les Javanais, les Eskimos et les Sénégalais… Saint Paul suggère que le Seigneur reviendra quand tous les hommes l’auront reconnu comme Fils du Dieu vivant…

Isaïe le prophétisait déjà six-cents ans avant la venue du Messie : « Toutes les nations marcheront vers sa lumière… » (*) Quand tous chanteront le psaume 46 à l’unisson et battront des mains en rythme, les vieillards et les enfants, les hommes et les femmes, les petits et les grands, les gros et les maigres, les timides et les extravertis, les riches et les pauvres, les intelligents et les simples, alors le Royaume de Dieu sera inauguré sur la terre.

Il y a dans ce verset une utopie de concorde. Tous les hommes pourraient dialoguer, s’entendre sur l’essentiel, se respecter par delà les frontières, échanger à travers les différentes cultures, partager le patrimoine des différentes civilisations… C’est le mythe catholique, dont le pape est le symbole. L’unique pasteur pour un peuple bariolé, pour une communauté internationale. Le rêve de Dieu est déjà commencé dans l’Eglise. À Bobigny ou à Evry, telle paroisse réunit plus de quarante nationalités qui prient, célèbrent, partagent, battent des mains et chantent d’un seul cœur. Rendons grâce à l’Esprit-Saint qui réussit ce tour de force, par son espièglerie, de faire communier des hommes qui n’ont rien en commun que l’amour de Dieu.



* livre d'Isaïe, chapitre 60, verset 3


Frère Philippe Verdin








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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Sam 16 Avr 2016 - 14:00



Méditation d'un pécheur

Psaume 25 (24)

Ant: Fais-moi connaître tes chemins, Seigneur,
guide-moi dans ta vérité.
 



Mon Seigneur et Père,
c’est toujours vers toi que je me tourne;

quand je compte sur toi, je ne suis pas déçu :
le mal, en moi, ne peut pas triompher.

Avec toi, personne ne reste sans réponse;
mais contre toi, c’est le vide et la déception.

Père, fais-moi connaître tes chemins;
enseigne-moi les routes qui mènent à toi.

Fais-moi connaître ta vérité
et donne-moi d’en vivre,

car c’est toi qui me sauve.
Je t’attends à longueur de jours.

Je pense à la tendresse et à la fidélité
que tu as montrées depuis toujours !

Oublie mes péchés de jeunesse
et mes fautes de chaque jour;
en pensant à moi, sois fidèle à ta bonté.

Mon Père, il est tellement bon
et tellement vrai avec lui-même

qu’il prend soin des pécheurs
pour les garder sur la route qui mène à lui.

Il accompagne les petits dans leur marche,
Il les fait cheminer jusqu’à la sainteté.

Pour qui est ouvert à son amour,
toutes les routes mènent à la vraie Vie.

Le cœur du Père ne peut se démentir
même face à de grandes fautes.

À quelqu’un qui lui reste attaché,
il indique les meilleurs choix.

Il le rend heureux jour et nuit,
il lui donne de vivre en paix sur la terre.

Il fait confiance aux gens qui se fient à lui
et leur révèle les merveilles de son amour.

Ô Père, j’aime garder mon regard sur toi,
car tu me libères quand je suis mal pris.

S’il m’arrive d’être seul et humilié,
fais-moi goûter ton estime et ton affection.

Quand les malheurs embrouillent mon esprit,
dégage-moi de ce qui me tourmente;

prends avec toi mes misères et mes peines,
enlève le mal qui m’habite.

Je te les confie comme mes pires ennemis
qui engendrent en moi haine et violence.

Je t’en prie : garde-moi en vie; délivre-moi.
Tu m'as donné ton Fils comme Sauveur;

ne me laisse pas tomber :
je t’attends d’un cœur intègre et vrai.

Et qu’il en soit ainsi pour toute l’humanité :
délivre-nous tous du mal.









Ton amour est de toujours

La honte

La honte est une misère grise et sournoise Elle insinue à qui se trouve pris en son filet qu’il eut mieux valu pour lui ne pas être né.
Celui qui se tient sous la domination de la honte éprouve un sentiment de salissure, quelque chose de collant qui le retient au sol, le nez dans la poussière. Impossible pour le honteux de regarder à hauteur d’homme. Son regard tombe, ses yeux se baissent, son dos se voûte.

La honte grignote de ses dents acérées tout ce qui tombe sous son museau, l’estime de soi, la possibilité de regarder l’autre dans les yeux, la joie. Elle pousse à refuser l’amour.
Celui qui vit sous la honte se trouve indigne de la bonté d’autrui, qu’il prend pour de la pitié, indigne de son amour, qu’il prend pour de la commisération.

Ô Seigneur,
Épargne-moi la honte !

Pour rejoindre l’homme perdu dans sa honte, il fallait que Dieu s’abaissât plus bas que lui, pour se tenir à la hauteur de ce regard à ras de terre. Il fallait que Dieu lui-même subît la malédiction des coupables, la honte qui naît du regard méprisant que l’on porte sur eux. Ce qu’il fît.

A contempler le Crucifié humilié,
lui qui prit la honte sur lui, et sa malédiction,
lui qui est mort en son lieu même, pour qu’elle n’ait plus de lieu pour nuire,
nous pouvons en être guéri.

Humilité.
Croire que nous ne pouvons pas nous élever nous-même au-dessus de l’humus, mais que Dieu s’est abaissé jusque-là pour nous saisir par les cheveux et nous en relever.

Fierté.
Croire que de cet humus, Il a fait sa demeure, un jardin où nous pouvons vivre sans honte.



Sœur Anne Lécu








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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Lun 18 Avr 2016 - 13:54



Sécurité dans le Père

Psaume 16 (15)

Ant: Mon coeur exulte, mon âme est en fête;
tu m'apprends le chemin de la vie.
 



Ô mon Père, prends soin de moi :
c’est sur toi que je compte.

tu es le maître unique de ma vie,
je ne suis bien qu’avec toi.

Je me réjouis quand je me retrouve
avec les gens qui te sont attachés;
avec eux, je me sens respectable.

Par ailleurs, il m’arrive aussi
de chercher mon bonheur hors de toi,
avec les gens qui servent un autre dieu.

Mais ça finit toujours par me bouleverser
et je promets de ne plus regarder de ce côté.

Au fond de moi, je le sais, Père,
c’est toi la chance de ma vie,

c’est toi ma richesse,
mon avenir est tout entier dans tes mains.

Et j’en suis ravi comme d’un vrai privilège,
c’est une situation qui m’enchante.

Je remercie le Père pour ses conseils,
pour cette lumière intérieure mise en moi
qui m’éclaire même dans mes nuits.

Je m’accroche à lui;
avec lui je ne risque pas de crouler.

Grâce à lui, je vis dans la joie,
Je suis toujours en fête,
car je me sais en parfaite sécurité.

Père, garde-moi bien en vie.
Ne me laisse pas gâcher mon avenir :

je t’en supplie à tous les jours:
fais-moi connaître le chemin qui mène à toi.

J’ai tellement de joie à vivre avec toi :
c’est comme habiter déjà dans ton éternité.









Toi mon refuge

Une parole qui me tient debout, une parole comme une caresse de cœur. Je n’ai d’autre Dieu que toi. Car tu es le Dieu qui me sauve, le seul qui prend mon pas. Le seul qui me tire de la désolation. Toi, mon Seigneur et mon Dieu.

Oui, mon Dieu est mon refuge. Non pour fuir le monde avec ses soucis, ses contradictions, ses violences. Non pour me fuir, avec mes ambiguïtés, mes ombres, mes peurs. Mon refuge est une maison, un abri. Il me protège pour tenir dans la vie difficile, devant des choix douloureux et incertains.

Un asile pour habiter avec moi-même, pour de vrai. Pour me défaire, autant qu’il est possible, de ces idoles qui me mentent : reconnaissance, succès, facilités, opinion publique…

Mon Dieu me fait vivre car il me fait hospitalité. C’est son humanité qui est hospitalière à toutes nos vies et au tout de nos vies. Il est mon lieu sûr, celui qui me déloge de trop de certitudes pour m’aventurer à chercher le vrai, pas sans lui. Lieu ouvert.
«  Voici que je me tiens à` la porte et que je frappe, si quelqu’un ouvre, j’entrerai et prendrai mon repas avec lui et lui avec moi » (*).



* livre de l'Apocalypse
chapitre 3, verset 20



Sœur Véronique Margron









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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Mar 19 Avr 2016 - 13:30



Le Père de la création

Psaume 104 (103, 1-23 et 103, 24-35)

Ant: Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! 


Bénis ton Père, tout mon être !
Mon Père et mon Seigneur, tu es merveilleux !

Tu te drapes dans un univers splendide,
la lumière t'enveloppe comme un manteau
les cieux vont devant toi comme une tenture.

Tu te promènes au-delà de tout,
tu circules sur les ailes du vent
tu te balades sur les nuages.

Tu lances tes messages à tous les vents,
et les étoiles sont à ton service.

Le Père a organisé notre terre
selon des lois qui sont inébranlables.

Il l'a d'abord couverte d'un grand océan
jusque par-dessus les montagnes.

Mais un jour, affolées par le tonnerre,
les eaux se bousculaient de montagnes en vallées,
vers le lieu qu'il leur avait fixé.

Il leur a imposé des limites à ne pas franchir;
pour qu'elles ne reviennent plus noyer la terre.

Il fait couler l'eau des sources
dans les ravins; elle se répand
entre les montagnes;
elle abreuve les bêtes des champs,
les bêtes sauvages s'y désaltèrent.

Près des ruisseaux, les oiseaux font leur nid;
ils y chantent, cachés dans le feuillage.

Ant. Du fruit de tes oeuvres, Seigneur,
tu rassasies la terre.


Dans sa sagesse, il abreuve les montagnes,
la terre se rassasie de ce qu'il lui offre:

il fait pousser l'herbe pour le bétail
et les plantes que l'homme cultive,

tirant ainsi son pain de la terre,
le pain qui réconforte son corps;

et le vin qui réjouit son cœur
plus que l'huile ne fait briller le visage.

Les forêts du Père se multiplient,
avec des arbres merveilleux qu'il a créés.
C'est là que nichent les oiseaux.

Les bouquetins se tiennent dans les montagnes,
les lapins se réfugient dans les rochers.

Il a fait aussi la lune pour fixer nos jours de fêtes
et le soleil qui sait quand se coucher.

Arrivent alors les ténèbres, et c'est la nuit:
toutes les bêtes de la forêt s'y remuent.

Les lions se mettent en chasse de leur proie
qu'ils mangent comme un don du Père.

Au lever du soleil, ils se retirent
et vont dormir dans leurs tanières

tandis que les gens s'en vont travailler
à cultiver jusqu'au soir.

Ant. Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez,
et les oreilles qui entendent ce que vous entendez.


Père, que tes œuvres sont nombreuses !
Tu les as toutes faites avec sagesse.

L'univers est rempli de tes créatures:
voici la mer, grande et vaste de tous côtés;

des animaux nombreux, petits et grands, y vivent;
c'est là que vont et viennent les bateaux
de même que léviathan dont les jeux te font sourire.

Tous les êtres sont importants pour toi:
tu leur donnes la nourriture au temps voulu:

ils la ramassent comme un don de toi
et se rassasient de tes bienfaits.

Mais si tu te caches, ils sont désemparés;
si tu reprends leur souffle, ils expirent
et redeviennent un peu de poussière.

Si tu envoies ton souffle, ils sont créés,
tu renouvelles ainsi la face du monde.

Que l'amour du Père ne s'arrête jamais,
qu'il se réjouisse de ses œuvres !

Sous son regard, la terre est secouée,
s'il touche les montagnes elles éclatent en feu.

Toute ma vie, je chanterai le Père;
je jouerai pour lui jusqu'à la fin de ma vie.

Que mon poème lui soit agréable
et que le Père me remplisse de sa joie !

Que le mal disparaisse de la terre,
que plus personne ne se méfie du Père !

Bénis le Père, ô mon cœur !
Alléluia !









Psaume 103 1-23
Aux ânes et aux marmottes


Ce n’est pas seulement la tendresse du Christ pour le moindre des hommes qui nous parle de Dieu, c’est aussi la beauté du monde et la magnificence de la nature qui nous “disent” Dieu, qui nous disent une sagesse et une intelligence que nous n’avons jamais fini d’admirer. Nous sommes même capables d’aller à l’autre bout du monde pour en découvrir des beautés toujours nouvelles.

Ce n’est pas seulement le ciel et le mouvement des astres que célèbre ce psaume c’est beaucoup plus encore la richesse de la terre dès qu’elle est fécondée par les eaux, les eaux du ciel et par celles qui sortent de la terre, des sources et des fleuves. Des ânes sauvages et des oiseaux aux chamois et aux marmottes, tous ont leur part dans cette bonne et sage organisation du monde où l’homme cultive la terre et peut élever ses troupeaux.

L’ancien testament entretient la nostalgie d’un monde rural où chaque famille peut vivre en paix, chacun “sous sa vigne et sous son figuier, à condition que ce bonheur ne soit pas ruiné par les “désastres de la guerre” (*). La douceur de la fraternité (**) s’inscrit de manière naturelle dans l’horizon d’un monde que Dieu a revêtu de magnificence. Sa sollicitude ne se limite pas à l’homme, car elle s’étend à la nature toute entière, aux bêtes comme aux plantes.

Celui qui a créé ce monde avec une telle magnanimité est un Dieu écolo qui se réjouit de la formidable complémentarité de toutes les créatures entre elles. “L’ordre” que la société industrielle a voulu imposer à la nature est loin d’avoir la même “sagesse”.



* Livre de Michée, chapître 2, verset 8
** psaume 132



Frères du 28



Psaume 103 24-35
Profusion dans tes oeuvres


Alors que les menaces sur l’avenir de notre planète se font plus pressantes, la prière du psalmiste prend ici beaucoup de force. Son hymne rend gloire à la splendeur de la création. Faut-il alors comprendre le soupir qui arrive à la fin du psaume, après la louange, « Que les pécheurs disparaissent de la terre ! », comme une vision anticipatrice de ce péché dont l’univers biblique ne pouvait pas encore avoir idée : le péché de destruction de la biosphère, le péché écologique ? Ce serait bien sûr très anachronique et surtout sans rapport avec l’expérience qui fait se lever ici la louange. Cette expérience de voir monter en lui une louange devant l’excès de la puissance et de la beauté du monde, à la vision d’un ciel nocturne, lors d’une marche en pleine nature, par la découverte des prodiges du vivant, un croyant d’aujourd’hui la vit encore.

Elle ne puise pas sa force dans le souci pour l’avenir de la vie sur cette terre, aussi sensé, urgent et noble soit-il. Sa force, elle la puise dans une présence qui accompagne toujours notre vision du monde, mais qui ne se laisse observer ni au téléobjectif, ni au microscope. Elle est insaisissable et c’est pourquoi elle affole l’esprit et le met en crise. Cette présence ne se tient au repos que dans la prière, invisible mais bien là. Elle ne trouve son Nom que dans le souffle d’une louange. Le péché de l’homme enténèbre le monde, mais l’Esprit du Seigneur, l’Esprit de Sainteté est plus fort que le péché. Il renouvelle sans cesse la face de la terre !



Frère Pascal Marin











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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Mer 20 Avr 2016 - 18:57



Deux communications du Père

Psaume 19 (18 a et 18 b)

Ant: Béni sois-tu, Seigneur, pour ton immense gloire. 


Devant l’univers, j’entends le Père me parler;
dans la voûte étoilée
il me révèle un peu de sa splendeur.

Dans les jours et les nuits qui se suivent,
sans manquer, depuis toujours,
il me dit sa sagesse.

Pas de discours, pas de mots, aucun son
et pourtant le message parcourt toute la terre;
il arrive jusqu’au bout du monde.

Et puis il y a le soleil avec son rythme quotidien.
À chaque soir, il se cache pour la nuit,
ais le matin, il revient, joyeux,
comme un jeune époux sort de sa chambre,
comme un athlète qui prend son élan.

Il part d’une extrémité du ciel
pour aller jusqu’à l’autre extrémité,
réchauffant tout de ses rayons.

Mais le Père me parle aussi avec des mots :
il me dit comment réussir ma vie.

Il me révèle un projet plein d'amour
qui est en moi générateur de vie.

Je puis faire confiance à ses ordres
qui me disent comment me conduire.

Ses exigences sont ajustées sur la réalité;
c’est ainsi qu’elles mettent en mon cœur
beaucoup de paix et de joie.

Il ne demande rien de compliqué :
ses commandements me donnent de voir clair.

Le Père ne demande pas le respect
pour des raisons égoïstes;
c’est pourquoi ses ordres traversent les siècles.

Toutes ses décisions mènent à la vraie Vie;
elles sont pleinement justifiées.

Loin d’être pour moi un fardeau,
elles m’attirent plus que toutes les richesses;

je les savoure autant et plus que le miel,
que le miel le plus doux.

Ô Père, moi qui suis ton enfant,
j’accueille tous tes avertissements;
je les respecte comme des avis précieux.

Il m’arrive comme à tout le monde
de faire des erreurs involontaires;
pardonne-moi les fautes qui m’échappent.

Préserve-moi du mal qui cherche à s’imposer;
rends-moi libre de son emprise;

garde-moi sans reproche,
pur de toute faute importante.

En parlant ainsi devant toi,
Seigneur Jésus, mon Sauveur,
j’espère ton intercession auprès du Père.









Psaume 18 a
L'ouvrage de tes mains


On raconte que les bergers d’Arcadie ont inventé la philosophie en regardant les étoiles. Ils gardaient les troupeaux de chèvres le soir, sous un ciel bleu roi, parsemé d’étoiles. Ce spectacle magnifique et éternel suscita dans leur cœur la question : Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Quelle est la place de l’homme dans l’univers ? Quel Dieu a pu créer une telle beauté et à quelle fin ?

Oui, les cieux proclament la gloire de Dieu, et les montagnes aussi, et la coccinelle. Ma petite amie Julie aussi traduit le talent divin : tant de fraîcheur, d’ingénuité, de gentillesse et de tendresse, de drôlerie et de douceur…

Les chrétiens qui chantent les psaumes ne peuvent s’empêcher de voir dans cette hymne au soleil un hommage au Christ. Notre soleil, c’est Jésus Christ !

Quand il apparaît hors de sa tente, il traverse les nuages pour descendre sur la terre. Quand il s’élance en conquérant joyeux, les disciples partent avec ferveur annoncer la bonne nouvelle dans le monde entier. Quand rien n’échappe à son ardeur, il veut tout réunir dans son amour et faire de chacun son frère et sa sœur. Sa Parole est un feu. Les mystiques – surtout les femmes – voient le Christ dans un rêve. Elles sont touchées au cœur par un rayon de soleil, chaleureux, réconfortant et illuminateur. « C’est une si douce caresse d’amour qui se fait entre l’âme et Dieu, que je le prie dans sa bonté de vous la faire éprouver » dit sainte Thérèse d’Avila. Oui, que la présence de Dieu autour de nous soit comme un doux rayon de soleil printanier dans un jardin d’oranger.



Frère Philippe Verdin




Psaume 18 b
Le regard clair


Le regard limpide

Ce qui clarifie le regard, ce qui redonne vie,
une unique chose : la reconnaissance et la tendresse, lues dans les yeux d’un autre.
Dans la caresse de son toucher, dans son sourire, esquissé en douce du coin de l’oeil.
La tendresse n’est pas bavarde, ne cherche pas à plaire.
Elle ne dit pas qu’elle aime, ou bien dans le secret, et souvent elle se cache
sous une certaine rudesse chez les taiseux.

Elle est présence, patience, temps donné.
Elle construit la paix. Elle aime la joie.
Elle magnifie le fait d’exister pour quelqu’un.
Le reste, tout le reste, est vain.

Cette tendresse, si claire aux yeux de ceux qui l’ont vue,
fait demeurer l’ami quand les autres s’en vont,
elle tient ferme la main qui tremble de maladresse
et frissonne avec celui qui a froid de chagrin.

Cette tendresse peut traverser la violence et affronter la déception.
Elle en ressort endolorie, saignant parfois, les yeux usés, lavés de larmes,
mais elle est là, le regard plus clair qu’avant, limpide.
Elle n’accuse pas, jamais, et excuse souvent.

Elle n’est pas d’abord un sentiment. Mais un commandement.
Comment peut-on pourtant donner l’ordre d’aimer ?

Simplement, parce que rien d’autre ne tient le monde, sinon elle,
la tendresse, rugueuse ou discrète, selon ceux qui l’habitent.
Parce qu’elle ne passe pas et survit à la mort.
Parce que le premier cri du nouveau-né ne peut pas revêtir d’autre
forme que ce commandement : Aime-moi.
Parce que c’est le cri de Dieu en nous, avant d’être notre cri.
Que l’amour soit offert.
Partagé.
Reçu.
Limpide.



Sœur Anne Lécu







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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Ven 22 Avr 2016 - 17:12



Un Père dont nous sommes fiers

Psaume 97 (96)

Ant: Que le nom du Seigneur soit votre joie:
rendez grâce en rappelant son nom très saint!
 



Notre Père est au-dessus de tout;
que la création entière exulte !
que les gens éloignés se réjouissent avec l'univers !

Ce Père, il est entouré de mystère;
amour et vérité en sont les bases.

Il se fait deviner par la lumière qui le précède
et qui dévoile les cachettes du mal.

Parfois, ses éclairs illuminent le monde
et la terre en tremble;

les montagnes se font petites devant lui
comme la cire qui fond devant le feu.

Les cieux ont proclamé sa présence
et tous les peuples ont deviné sa gloire.

Comment peut-il y avoir encore des idolâtres
qui font confiance à leurs divinités ?

des divinités qui ne peuvent que s'effacer
devant notre Père !
Ta famille, Seigneur, t'a accueilli, elle se réjouit;
des communautés de partout exultent
à cause de ta miséricorde !

Car c'est toi, notre Père,
qui domine toute la terre,
plus grand que nos petites divinités.

Vous qui aimez le Père, haïssez le mal.
Il garde la vie des gens qui le cherchent,
il les garde libres de l'emprise du Malin.

À qui est sincère, une lumière est donnée,
et c'est une joie pour les cœurs vrais.

Réjouissez-vous à cause du Père,
célébrez-le en pensant à son amour.









Cœur simple

Le cœur simple. Mais qu’est-ce qu’un cœur simple pour Dieu ? Un cœur sincère et droit. Un cœur qui ne veut pas connaître la méchanceté et refuse la duplicité ou l’art destructeur du mensonge. Surtout un cœur qui aime, passionnément, sans se lasser, avec une fidélité inventive. Un cœur qui ne renonce pas devant les creux et les méandres de la vie, parfois ses abîmes.

Mais existe-t-il un tel cœur ? Un humain peut-il se prévaloir d’aimer ainsi ? De devenir un, véritablement lui-même. Non pour se regarder, mais au contraire pour se détourner de lui, au profit de la vie bonne, de la justice, pour d’autres.

Moi, Seigneur, je suis empêtrée dans mes ambiguïtés, ma part obscure, mes peurs, tout ce qui retient mon âme d’être vraiment libre, pour toi mon ami et mon Dieu ; pour d’autres, dont la peine, la question, la plainte, le silence, m’implorent.

En ton Fils, c’est ainsi que tu as vécu, l’homme vrai, le cœur pur. Non une pureté de séparation, hautaine, lointaine, mais celle qui traduit la blessure d’aimer avec justesse. « Heureux les cœurs purs » dis-tu dans les Béatitudes (*). Heureux ceux qui vont de compagnie, consentent à la douleur de l’amitié, du don. Ceux qui prennent tout ensemble : la peine et la joie, la colère et la douceur. Heureux ceux qui liguent de concert leur cœur, leur pensée, leur volonté, pour les orienter tous trois vers ce qui fait vivre, vers ce qui restaure. Là est l’unité véritable, la simplicité.

C’est ton courage seul qui peut nourrir ma pauvre force. La porter si nécessaire. Juste pour m’approcher de toi. De mon humanité aussi. Sur ce chemin, ta joie est offerte avec largesse, y compris par gros temps.



* Êvangile selon st Mathieu, chapître 5,
verset 8



Sœur Véronique Margron










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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Lun 25 Avr 2016 - 20:10



Litanie à l'amour du Père

Psaume 136 (135)


Célébrez le Père, car il est bon
et son amour est pour toujours.
Célébrez le Dieu des dieux,
car son amour est pour toujours.
Célébrez le Père des pères
car son amour est pour toujours.

Il est l'unique auteur de toutes les merveilles,
car son amour est pour toujours;
l'auteur extraordinaire de la création,
car son amour est pour toujours,
faisant sortir la terre de la masse des eaux,
car son amour est pour toujours.

Il est l'auteur des grandes lumières,
car son amour est pour toujours:
le soleil qui règle les jours,
car son amour est pour toujours;
la lune et les étoiles qui règlent les nuits,
car son amour est pour toujours.

Par des signes, il montra sa volonté au Pharaon,
car son amour est pour toujours:
les aînés de famille disparurent,
car son amour est pour toujours;
Israël put fuir la servitude,
car son amour est pour toujours;

grâce à l'assistance du Seigneur,
car son amour est pour toujours;
la mer fut divisée en deux,
car son amour est pour toujours;
pour faire un passage à Israël,
car son amour est pour toujours;
elle se ferma sur Pharaon et son armée,
car son amour est pour toujours.

Il mena son peuple à travers le désert,
car son amour est pour toujours.
De grands rois furent vaincus,
car son amour est pour toujours;
Sihôn, le roi des Amorites,
car son amour est pour toujours;
et Og, le roi de Bashân,
car son amour est pour toujours.

Leur pays revint à son peuple en héritage,
car son amour est pour toujours;
en héritage à Israël, sa famille,
car son amour est pour toujours.

Dans les épreuves, il s'en est occupé,
car son amour est pour toujours;
il le libéra de l'asservissement,
car son amour est pour toujours.

Le Père prend soin de toutes ses créatures,
car son amour est pour toujours.
Célébrez le Père de l'univers,
car son amour est pour toujours.









Car éternel est son amour


Voici un psaume comme un torrent bondissant de remerciements à Dieu, « car éternel est son amour ». Tout au long des strophes, la saga de Dieu est célébrée, déployée. La geste de sa Création introduit un ordre dans le cosmos, notamment «  en affermissant la terre sur les eaux ». Et l’épisode fondateur, placé au cœur du psaume, est la libération du peuple hébreu de la maison d’esclavage en Egypte. Oui, notre Dieu est Créateur et Sauveur.

Comprenons : Nous ne situons notre place de manière juste que dans la mémoire de notre origine divine. Et nous ne pouvons appréhender notre histoire qu’en référence à la libération du peuple hébreu. Notre foi est en un tel Dieu pour hier, aujourd’hui et demain.

Il y a cependant des « dégâts collatéraux » à cette intervention divine : les Egyptiens sont « frappés dans leurs aînés » (*), et Dieu fait « périr des rois redoutables » (**). Nous répugnons peut-être aujourd’hui à associer notre louange au Seigneur à cette violence. Mais ceux qui ont vécu le débarquement en Normandie, en juin 1944, devaient être dans cet état d’esprit. La joie de rendre grâce pour une Libération qui mettait fin à de trop longues années d’asservissement.

En libérant son peuple, Dieu ouvre à une triple promesse : celle d’une terre, celle de relever l’humilié, celle enfin de donner du pain « à toute chair » (***). La portée du message de Dieu devient universel. Il ne s’agit plus de louer le Dieu d’une tribu, mais un Dieu unique pour l’humanité. Depuis sa création jusqu’à l’accomplissement de son histoire .



* verset 10
** verset 18
*** verset 25



Frères du 28










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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Jeu 28 Avr 2016 - 11:28



Le salut nous est offert

Psaume 85 (84)

Ant: Le fruit de la lumière est bonté, justice et vérité.


Père, tu as montré ton amour pour ta famille,
tu as sorti tes enfants de l'esclavage.

Tu as réglé le problème de leur péché,
tu l'as couvert de ta miséricorde.

Tu ne nous parles plus d'emportements
ni de vengeance redoutable.

Convertis notre cœur au Sauveur
pour que nous cessions de craindre tes rancunes;

pour que soit effacé le souvenir de ton visage irrité
et de tes colères qui menacent tout le monde.

N'est-ce pas toi qui nous a offert la Vie?
qui a voulu redonner la joie à ta famille?

Fais-nous comprendre le salut comme tu l'offres
et donne-nous de l'accueillir ainsi en nous.

J'écoute ce que le Sauveur nous a dit:
il a dit: " Paix " pour ceux qui la désirent
s'ils cessent de la contredire par leurs folies !

Son salut est tout proche de ceux qui le cherchent
et son amour enveloppe toute la terre.

Le salut: c'est la vérité et la fidélité qui collaborent,
qui sont alliées avec la Paix et la Sainteté.

À la terre de cultiver la vérité,
tandis que la Sainteté nous viendra du Père.

Car c'est lui qui distribue le bonheur
qu'il nous revient de faire fleurir.

La Sainteté révèle sa présence;
nous la retrouvons tout au long de notre route.









La joie de ton peuple


Quand Dieu vient sur la terre, quand Dieu naît de la même terre que les hommes, quand Jésus naît de la Vierge Marie et vient vivre avec vous, il ne le fait pas comme une corvée. Le Fils de Dieu ne quitte pas le sein du Père (*), ne descend pas du ciel pour obéir en râlant. Il n’est pas la personne de la Trinité qui se dévoue. Il fallait qu'il y en ait un qui s'y colle pour sauver le monde, bon c'est bon, j'y vais. Non, il vient parmi nous avec joie. Toute l'écriture le dit, Dieu aime la terre. Dieu trouve sa joie dans la compagnie des hommes affirme le livre des proverbes (**). Mieux, il danse pour nous avec des cris de joie écrit Sophonie le prophète (***). Il danse pour nous quand il nous rencontre ! Alors ce n’est pas le Dieu barbu et impassible avachi dans un nuage, comme se l’imaginent trop de nos contemporains.

C’est un Dieu qui danse et qui crie quand il nous rencontre. Ce n’est pas un Dieu qui nous en veut d’avoir tué son fils et qui nous le fait payer, c’est un Dieu qui aime cette terre et l’a faite belle pour notre plaisir.

Dieu aime tellement cette terre qu’il y passe le plus clair de son temps. Dieu traverse nos vies. Dieu est là mais nous ne le voyons pas. Nous sommes trop absorbés par nos soucis, nos envies, notre nombril. Dieu établit pourtant sa demeure dans notre cœur par la grâce du baptême. Nous le portons en nous, nous le portons sans y penser. Alors que par son Esprit-Saint le Seigneur nous fasse aimer cette terre. Et que cette terre chante son amour du Seigneur.



* Évangile selon saint Jean, chapitre 1, verset 18
** Livre des Proverbes, chapitre 8, verset 31
*** Livre de Sophonie, chapitre 3, verset 17



Frère Philippe Verdin






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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Ven 29 Avr 2016 - 18:54



Père, ça va mal

Psaume 86 (85)

Ant: Dieu qui es bon, Dieu qui pardonnes,
prends pitié de nous, sauve-nous.



Père, écoute-moi bien et réponds-moi,
car je suis malheureux et me sens si pauvre.
Donne-moi de vivre encore: je me fie à toi.

Tu es mon Père, sauve ton enfant
qui ne compte que sur toi.

À tous les jours, c'est toi que je supplie, Père,
de me prendre sous ta protection.
Mets un peu de joie dans le cœur de ton enfant,
tu sais que je suis toujours tendu vers toi.

Ô Père, tu es bon et tu pardonnes,
tu ne laisses pas tomber les gens qui t'appellent:

accueille en ton cœur ma prière !
demeure attentif à ma voix suppliante !

Quand je suis désespéré, je fais appel à toi
et tu me réponds toujours.

Aucune sécurité ne vaut la tienne:
tu es mon Seigneur !
Ce que tu fais est incomparable.

Toutes les nations que tu crées sans cesse
finiront par te donner leur confiance, Père,
et reconnaître l'amour que tu leur offres,

car tu es merveilleux, toi, le Dieu unique,
tu fais des choses extraordinaires !

Père, montre-moi comment te rejoindre;
je veux me comporter selon la vérité.

Ramène mon cœur à ne désirer qu'une chose:
mettre en toi toutes ses espérances.

Mon Seigneur et mon Père,
de tout mon cœur, je veux te célébrer
et fêter ton amour tout au long de ma vie,

car tu ne m'as jamais laissé tomber,
quitte à me sortir de n'importe quelle misère.

Parfois, l'orgueil s'attaque à moi,
il aligne des déceptions qui brisent mon bonheur;
il me fait oublier que tu es là.

Mais tu es un Dieu miséricordieux et bienveillant,
incapable de colère et plein de fidélité en amour;

alors regarde-moi et protège-moi;
donne-moi de ta force,
prends soin de l'enfant que tu as mis au monde.

Rends ta présence si éclatante en ma vie
que le Malin soit battu d'avance,
en voyant que c'est toi, Père, qui prend soin de moi.









Toi que j'appelle


Ton nom

Écoute, ô mon Dieu, le souffle de ma voix, si petite, si pauvre devant toi, ce tout petit murmure de rien du tout que je lance vers le ciel. Seigneur, toi qui tends l’oreille, toi qui n’es qu’oreille tendue vers nous, écoute, écoute la respiration de tes enfants qui te supplient et l’immense rumeur des peuples qui s’adressent à toi.

Ils tentent de murmurer ton Nom ; ils le découvrent en le balbutiant ; ils l’habitent en le chantant ; ils en font leur maison, leur abri, le sol où déposer leur pas. Quand se lève le chant de ceux qui te cherchent, quand des hommes acclament ton Nom, quelque chose en moi s’agenouille, et quelque chose en moi se redresse.
Quand je murmure ton Nom, Seigneur, en laissant mon souffle se mêler à celui du vent, ton souffle me ranime et vient rassembler mes petits bouts de vie éparpillés.

Ton Nom, imprononçable, aux multiples facettes, murmuré chaque fois pour la première fois,
ton Nom est le secret le plus intime de chacun.
Tu es celui qui vient, qui ne cesse de venir, d’être là et de venir encore.
Jésus – Dieu sauve –, Emmanuel – Dieu avec nous –, dit déjà tout de toi.

A ton Nom, Seigneur, tout être tombe à genou ; La terre se prosterne, le ciel s’agenouille et toutes les nations s’inclinent devant toi.

Viens Seigneur ! Viens murmurer en moi ton Nom, l’inscrire dans ma croute, le graver sur mes mains, toi qui as gravé mon nom sur ta peau, et le nôtre à chacun, gravés sur tes paumes, à en saigner.

Et que tout en moi s’agenouille et proclame que tu es Seigneur !



Sœur Anne Lécu











Dernière édition par Lumen le Sam 7 Mai 2016 - 19:52, édité 1 fois
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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Lun 2 Mai 2016 - 22:42



Les miséricordes du Père

Psaume 107 (106 1-22 et 106 1-3;23-43 )

Ant: Qu'ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
de ses merveilles pour les hommes.



Célébrez le Père et sa bonté,
une bonté qui ne s'est jamais démentie.

Il y a d'abord les gens que le Père a protégés,
des gens qu'il a défendus contre le harcèlement:

il les a rassemblés de partout en une famille,
du levant ou du couchant, du nord ou du sud.

Parfois, ils s'égarèrent en des lieux sans repères,
par un chemin désert, sans villes habitées.
Affamés, assoiffés, ils faiblissaient sans cesse.

Dans leur détresse, ils ont crié vers le Père
et lui les a délivrés de leurs angoisses;

il leur a montré le chemin le plus direct
vers une ville habitée.

Célébrons avec eux le Père pour sa fidélité,
pour le soin qu'il a pris de tout le monde:

ceux qui avaient soif ont trouvé de l'eau
et ceux qui avaient faim ont trouvé à manger.

D'autres se sont retrouvés enfermés
dans les sous-sol d'une sombre prison,
en haillons, avec des fers aux pieds:

ils s'étaient opposés aux desseins de Dieu
et l'avaient même nargué pour ses projets.

La souffrance finit par attendrir leur cœur,
la solitude les fit réfléchir.

Dans leur détresse, ils ont crié vers le Père
et lui les a délivrés de leurs angoisses;

il les a tirés de leur sombre prison,
il a rompu leurs chaînes.

Célébrons avec eux le Père pour sa fidélité,
pour le soin qu'il a pris de tout le monde:

les portes de la prison ont été fracassées,
les verrous de fer ont sauté.

D'autres ont gâché leur vie à force de pécher
jusqu'à être écoeurés d'eux-mêmes;

plus aucun goût pour la nourriture
et une grande envie de mourir.

Dans leur détresse, ils ont crié vers le Père
et lui les a délivrés de leurs angoisses;

une parole de lui les a guéri
et les a libérés de leur envie de mourir.

Célébrons avec eux le Père pour sa fidélité
et pour le soin qu'il a pris de tout le monde.

Avec eux, disons-lui notre reconnaissance
et proclamons son amour en criant de joie.

Il y a les gens qui partent en mer sur des navires,
dont le métier est de courir les océans;

ils peuvent voir des œuvres merveilleuses
et la présence du Père en haute mer.

Un jour s'est levé un vent de tempête
qui engendrait des vagues énormes

qui projetaient les marins vers le ciel,
puis les ramenait au fond d'un abîme.

Ils étaient malades à rendre l'âme,
ils roulaient et tanguaient comme des ivrognes;
leur adresse était toute engloutie.

Dans leur détresse, ils ont crié vers le Père
et lui les a tirés de leurs angoisses.

La tempête s'est calmée,
les vagues se sont tranquillisées.

Alors, ce fut la joie de retrouver le calme
et de se laisser conduire au port par le Père.

Célébrons avec eux le Père pour sa fidélité
et pour le soin qu'il a pris de tout le monde.

Qu'il soit glorifié par toute la famille
et loué dans nos grandes assemblées.

Notre Père peut changer les fleuves en désert
il peut assécher les sources du pays,

changer une terre fertile en terre stérile
pour interpeller des gens qui font le mal.

Mais il peut aussi couvrir d'eau le désert,
faire surgir une source dans des terres sèches

pour y rassembler des affamés
qui fonderont là une ville prospère,

ensemenceront des champs
et planteront des vignes
capables de produire des fruits abondants.

Le Père les bénit:
les habitants se multiplient de plus en plus
et les troupeaux se maintiennent nombreux.

Mais voilà qu'ils se mettent à diminuer
sous l'effet des malheurs et de la douleur.

Les nobles deviennent méprisants et déclinent;
ils s'embourbent dans une vie difficile,

tandis que les pauvres sortent de leur misère
et leurs familles se multiplient comme les troupeaux.

À cette vue, les gens sincères se réjouissent
et ceux qui sont injustes vont se cacher.

Si quelqu'un veut acquérir la sagesse,
qu'il contemple ces événements
et sache reconnaître les bontés du Père !






Psaume 106 1-22

Sur des chemins perdus

Ce cri est celui du grand rassemblement de tous les peuples, « les rachetés du Seigneur, (…) qu’il rassemble de tous les pays, du nord et du midi, du levant et du couchant » (*). Tous reviennent de loin, tous ont traversé de terribles angoisses.
« Certains erraient dans le désert, sur des chemins perdus » (**). Seul celui qui a déjà fait l’expérience d’être égaré dans un désert, dans une forêt ou en mer, peut témoigner de ce sentiment de profonde angoisse et de radicale impuissance. Vers quel guide sûr se tourner ?

Certains souffraient la faim et la soif et ils ont crié vers le Seigneur ! Comment ne pas évoquer les ravages de la famine sur des populations entières de notre terre commune ? Dieu entend le cri des pauvres, mais si nous faisons la sourde oreille et que nous ne changeons pas notre comportement, comment va-t-il leur rendre justice, étancher leur soif et combler de biens les affamés ?
Marie reprend ce verset dans son chant de joie, son Magnificat, car elle a compris que l’accomplissement de toute justice en ce monde passe désormais par Jésus, son enfant, et par la mission qu’il va confier à ses disciples et à tous les hommes de bonne volonté : « combler de biens les affamés ».

A cette humanité déboussolée et affamée, Dieu annonce sa bonne nouvelle à tous : « Il envoie sa Parole, il les guérit, il arrache leur vie à la fosse » (***).



* verset 3
** verset 4
*** verset 20



Frères du 28



Psaume 106 1-3;23-43

Chaos sans chemin

Le psalmiste nous livre ici une belle définition du chaos. En lui, nous dit-il, il n’y a plus de chemin. Plus de passage, plus de lieu où s’établir, plus de domaine à faire fructifier. Pensons ainsi à l’état d’une région après un grand tremblement de terre.

Toutefois ce n’est pas d’un chaos de ce type dont nous parle le psaume. Il parle d’un chaos pour l’esprit, qui peut s’installer dans un monde parfaitement ordonné par l’intelligence et l’industrie humaine, mais où le cœur de l’homme ne se retrouve plus, dans un désert pour l’âme. Les puissants y prospèrent, parce que leur pouvoir est construit sur l’oubli de leur âme et leur domination n’a pas besoin de chemin pour agir. Elle domine et abaisse.

Mais Celui qui « égare les puissants dans un chaos sans chemin » peut aussi remettre debout le pauvre homme écrasé par les dominations de ce monde : « Il relève le pauvre de sa misère. » Il recrée son âme. Il lui donne joie et vigueur. Et par quel prodige Dieu pourrait-il désamorcer le chaos en nous et autour de nous, nous en libérer et nous en relever ? Souvenons-nous qu’à l’origine de tout, l’esprit de Dieu tournait sur le chaos, les ténèbres couvraient l’abîme, et sa Parole y a ouvert un chemin.

Jésus, Parole de Dieu venue dans notre chair, tu nous as révélé la vraie nature de la Parole créatrice. Elle est amour. Dieu est Amour (*), en lui point de ténèbres. « Qui veut être sage retiendra ces choses : il y reconnaîtra l’amour du Seigneur », nous dit le psalmiste. Seigneur, ouvre nos yeux d’aveugles, donne-nous de voir l’amour créateur à l’œuvre aujourd’hui parmi nous.



* première lettre de saint Jean, chapitre 4


Frère Pascal Marin





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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Sam 7 Mai 2016 - 20:05



Père, je ne comprends pas

Psaume 44 (43)

Ant: C'est ta droite, Seigneur, qui donne la victoire.


Père, nous avons entendu de nos oreilles
une histoire de toi, racontée par nos pères;

une histoire des interventions de ton amour
depuis le commencement de l’humanité.

Ton Royaume, c’est toi qui le construis;
tu t’es donné un peuple aux dépens du Malin.

Ce n’est pas une réussite de nos forces humaines,
nos armes n’ont rien à voir dans cette victoire.

C’est le fruit de ta puissance à toi,
la puissance de ta présence commandée par l’amour.

Ô Dieu, tu es un Père pour nous;
c’est avec toi que l’humanité vaincra le mal.

C’est grâce à toi, si nous menons la lutte;
grâce à ta présence, nous brisons les assauts.

Nous refusons de faire confiance à nos forces,
de nous appuyer sur nos générosités.

C’est toi qui nous fais dominer dans les combats
sans que nous puissions y nourrir notre orgueil.

Chaque jour, nous t’en rendons grâce;
sans cesse, nous fêtons ta présence.

Ant. Ne me cache pas loin de moi ta face
au jour où l'angoisse me tient.


Parfois, tu sembles nous laisser tomber;
nous nous sentons seuls pour lutter;

nous reculons devant l’Adversaire
qui nous vole nos élans de ferveur.

Nous nous jugeons comme des agneaux
que tu laisserais aller à la boucherie;

nos cœurs sont pris par mille caprices.
Quel en est le profit pour le Royaume?
Quel avantage tires-tu de cet abandon?

Nous devenons la risée de l’entourage :
ils se moquent et nous ridiculisent;

ils en font toutes sortes d’histoires;
en nous regardant, ils nous méprisent.

Ces jour-là, nous nous sentons réduits à rien,
nous avons honte comme d’une faillite

à cause d'outrages adressés à toi et à nous
avec des airs de supériorité.

Ant. Lève-toi, Seigneur, aide-nous.
Ne nous rejette pas jusqu'à la fin.


Nous ne comprenons pas que cela nous arrive :
nous ne t’avions pourtant pas mis de côté,
nous n’avions pas démenti ton Alliance,

notre cœur ne s’était pas repris,
nous n’avions pas dévié de ta route.

Mais nous nous sommes perdus dans le désert,
menacés de mourir en pleines ténèbres.

Si nous avions oublié la présence de notre Père,
si nous avions cherché protection ailleurs,

il s’en serait bien aperçu et nous l’aurait dit,
lui qui connaît le fond des cœurs.

C’est sans doute à cause de nos erreurs
qu’on voudrait nous détruire,
qu’on cherche à nous éliminer.

Seigneur, montre-toi, pourquoi parais-tu si loin ?
Ne nous laisse pas dans la nuit noire
d’un rejet qui paraît sans fin !

Pourquoi nous cacher ta présence,
laisser libres les malheurs qui nous oppriment ?

Car nous sommes complètement à plat
comme des serpents qui se traînent à terre.

De grâce, viens à notre secours;
au nom de ton amour, fais agir notre Sauveur.

v/ Pour ton serviteur, illumine ta face.
Apprends-moi tes volontés.









Réveille-toi, Seigneur


« Allons, il faut que tu t’expliques, Dieu, Toi envers qui j’ai été fidèle. Pourquoi tolères-tu l’humiliation que je subis aujourd’hui ? M’as-tu oublié ?

Ton peuple se souvient de tes hauts faits, des victoires qu’il a remportées, non pas grâce à la supériorité de son armement, mais bien parce que tu étais là. C’est Toi qui décides des victoires de Jacob. C’est par Ton Nom que nous « écrasions nos adversaires ».

En ces temps dont nous évoquons la mémoire avec nostalgie, le monde tournait rond, tu nous aimais, tu « couvrais nos ennemis de honte » et nous célébrions ta louange ! Aujourd’hui, rien ne va plus, le monde tourne à l’envers. Le rejet, l’humiliation, la déchéance dont nous sommes les victimes, les sarcasmes, les moqueries de l’entourage, nous n’en pouvons plus, il faut que ça s’arrête !

Oui, il faut que ça s’arrête parce que « c’est pour toi qu’on nous massacre sans arrêt, qu’on nous traite en bétail d’abattoir » A cause de positions courageuses prises au nom de la justice, de la fraternité, au nom de notre foi au Jésus de l’Evangile, beaucoup – ceux qui se battent pour la dignité au travail, avec les migrants de Calais, avec les chômeurs, ceux qui partent à l’autre bout du monde offrir leurs services ou aident leur voisin âgé en lui apportant la soupe quotidienne- beaucoup sont en butte aux sarcasmes des esprits forts, ou à des procès d’intention venimeux  !

Alors, les paroles du psaume sont les nôtres: «  Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu Seigneur ! Nous touchons la poussière,  notre ventre colle à la terre ; Debout ! Viens à notre aide !



Frères du 28






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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Jeu 12 Mai 2016 - 15:36



Le Père est au coeur de ma vie

Psaume 139 (138)

Ant: O mon Dieu, tu me connais: ton amour me conduit.


Père, tu vois clair en moi; tu me connais bien;
tu sais quand je me lève et quand je me couche;
d'avance, tu devines mes projets;

tu me regardes aller sur la route; tu vois mes arrêts;
mes va-et-vient te sont tous familiers.

Un mot n'est pas encore arrivé sur ma langue
et, déjà, tu le connais.

Derrière et devant, tu m'enveloppes.
Ta main est toujours sur mon épaule.

C'est une connaissance mystérieuse qui me dépasse;
elle est telle que je ne puis la posséder !

Où aller pour ne pas sentir ton souffle dans mon cou ?
Où m'enfuir pour ne plus voir ta face?

Si je monte dans les nuages, je t'y retrouve,
si je m'enfonce au creux de la terre, tu es là !

Je demande au soleil de m'amener au bout du monde,
encore là ta main me conduit,
ta force est avec moi.

Ant. Dieu qui scrute les reins et les coeurs,
tu rends à chacun selon ses oeuvres.

J'ai dit: " Au moins que les ténèbres m'engloutissent,
que la lumière autour de moi soit la nuit !"

Même les ténèbres ne sont pas ténèbres pour toi
et la nuit devient lumineuse comme le jour:
les ténèbres sont comme la lumière !

C'est toi qui m'as créé de la tête aux pieds;
tu m'as tissé dans le sein de ma mère.

Je suis une véritable merveille,
ton ouvrage est extraordinaire:
oui, je le reconnais facilement.

Rien de mon corps ne t'a échappé
pendant que j'étais construit
dans le secret du sein maternel !

Je n'étais qu'un projet et tes yeux déjà m'ont vu:
tu pouvais les décrire tous, ces jours de ma vie
quand aucun d'eux n'existait encore.

Père, que tes projets sont difficiles pour moi,
leur richesse me dépasse infiniment;

je voudrais les analyser tous,
mais ils sont plus nombreux que le sable.

Je m'épuise à les étudier
et quand je m'arrête, il en reste toujours; à la fin,
je me retrouve encore avec toi.

Père, je t'en supplie, protège-moi du Malin;
que ses messagers s'éloignent de moi.

Ils simulent ton amour pour me tromper;
ils font tout pour me nuire.

Père, comment aimer les gens qui te haïssent ?
Comment respecter les gens qui te combattent ?

Donne-moi la capacité de les aimer
comme toi, tu les aimes,
en te priant de les convertir en amis pour toi.

Père, scrute-moi et connais mon cœur;
donne-moi de me voir en vérité dans mes épreuves.

Protège-moi de marcher sur de fausses routes;
conduis-moi sur le chemin qui mène à toi.









Tu me scrutes


Ce psaume magnifique, au souffle poétique exalté, était un passage de la Bible que détestait Jean-Paul Sartre. Il connaissait bien les Écritures, puisque son oncle le docteur Schweitzer était pasteur protestant. Mais dans ces versets il trouvait la démonstration de l’aliénation de l’homme : un Dieu qui a tout programmé dans notre vie, un Dieu qui nous scrute, un Dieu qui anticipe tous nos actes. Où est la fameuse liberté des enfants de Dieu si le Père sait d’avance ce que je vais faire, le bien comme le mal ?

« Dieu, plus intime à moi-même que moi-même » dit saint Augustin. Et c’est vrai. Mais pas pour nous téléguider. II nous connaît jusqu’au plus profond de nos abysses parce qu’il nous aime tellement qu’il devine nos pensées. C’est comme le fiancé avec sa fiancée. Les deux amoureux sont tellement en communion que le fiancé sait ce qui fera à coup sûr plaisir à Sidonie, et Sidonie peut parier que tel geste ou telle réflexion va agacer ou attendrir Arthur.

« Ta main me conduit, ta main droite me saisit » (*). Tout dépend de l’image qu’on se fait de Dieu. Soit un père sévère qui tire le bras de son fiston dans la rue pour l’arracher à la contemplation de la vitrine du magasin de jouets, soit un Père attentif et plein d’amour qui anticipe nos trébuchements et nos égarements. Il nous tient la main pour nous éviter de tomber. Par ce contact de la main qui nous guide et nous bénit, il nous transmet sa force et sa confiance. Nous ne serons jamais des orphelins.



* psaume 138, verset 10


Frère Philippe Verdin










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Re: "Prier les psaumes avec le Christ", Un Psaume Par Jour

Message par Invité le Dim 22 Mai 2016 - 17:34



Contemplation du Père

Psaume 103 (102)

Ant: Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits.


Comble d'amour le Père, ô mon cœur,
sois joyeux quand tu entends son nom !

Comble d'amour le Père, ô mon cœur,
en te rappelant toutes ses largesses.

Il te pardonne ton mal sans réserve,
il peut te guérir de tous les maux qui t'accablent;

il te donne de survivre à tout ce qui tue
et t'enveloppe d'amour et de tendresse.

Il te partage sa propre vigueur
et conserve sa jeunesse à ton cœur.

Le Père produit la justice et l'amour;
il libère les gens qu'on exploite:

c'est ainsi qu'il a ouvert à Moïse un chemin
qu'il est intervenu pour les enfants d'Israël.

Ant. II Comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint.


Le Père est miséricordieux et bienveillant,
incapable de colère, toujours fidèle à lui-même;

il n'est pas toujours en train de disputer
et ne garde jamais rancune pour nos offenses.

Il ne nous évalue pas d'après nos péchés
et jamais ne nous les fait payer.

Autant les cieux sont loin de la terre,
autant son amour est plus grand que nos craintes;

autant le levant est loin du couchant,
autant il met loin de nous nos péchés.

Comme un père est tendre pour ses enfants,
ainsi notre Père est tendre pour qui se fie à lui;

il sait bien de quelle pâte nous sommes faits;
il n'oublie pas que nous venons de la terre.

Une personne humaine s'en va comme l'herbe;
elle fleurit comme la fleur des champs:

un coup de vent et son temps est fini;
elle ne laisse même pas de trace.

Ant. III
Bénis le Seigneur, ô mon âme !


Mais le Père reste présent,
toujours et pour toujours,
à toute personne qui le cherche;

son amour rejoint toutes les générations
qui veulent bien l'accueillir
et qui s'appliquent à entrer dans ses projets.

Le Père est au cœur de l'univers
et son amour domine tout.

Bénissez le Père, vous ses messagers,
qu'il a choisis pour annoncer sa pensée
et qui sont disponibles dès qu'il a parlé.

Bénissez le Père, vous, ses missionnaires,
vous qui portez partout ses desseins.

Bénissez le Père, vous toutes ses œuvres,
étalées dans tout l'univers,
Bénis le Père, ô mon cœur !









Bénis le Seigneur


Bénir l’existence, telle qu’elle est. L’aimer comme elle se donne. Reconnaître le bienfait reçu et se réjouir du bien que les autres reçoivent, et non l’envier. Secret des bénédictions, nuit et jour. Car la bénédiction n’est pas naïveté, qui regarderait le monde et la vie avec des lunettes ensoleillées. Elle sait ce qui ronge l’homme. Ce qui le meurtrit. Mais elle a touché le salut, elle est un acte de croire. Bénir, c’est croire.

Croire que malgré la destinée du monde, notre Dieu est tendresse et pitié, qui met loin de nous nos fautes, qui ne profite de nos vulnérabilités, un Dieu qui fait justice et porte les humbles. Croire. Comme supplier, l’autre face de bénir, demande aussi de croire que quelqu’un entend. Je ne sais comment. Mais je le crois de tout mon être, de toute ma vie. Bénir est ce geste de gratitude sans lequel l’humain n’est pas lui-même.

Si tout est un dû, une évidence, ou une indifférence, alors quelque chose de notre humanité s’est éloignée en nous.

Gratitude devant la beauté de toute naissance, car elle est une victoire sur la mort et une promesse. Reconnaissance devant le visage ridé qui relate mieux qu’un livre l’histoire d’une vie, ou devant l’amitié, la beauté d’un paysage, d’une voix. Gratitude car sans don la vie humaine n’est plus. Le Dieu du psalmiste est celui du don : qui ne retient pas son offense, dont les entrailles restent accueillantes, qui délaisse sa colère et offre sa fidélité aux cœurs égarés.

Le priant qui bénit a traversé l’épreuve. Elle se love au creux de sa bénédiction. Alors ressemble-t-elle à un instant d’éternité. Comme un mot de passe qui nous est transmis ce matin encore.



Sœur Véronique Margron










    La date/heure actuelle est Mar 19 Sep 2017 - 18:52