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Mort, deuil et espérance...

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Gilles

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Mort, deuil et espérance...

Message par Gilles le Ven 6 Juil 2018 - 20:17



Mort, deuil et espérance

La mort est le terme naturel de la vie terrestre même si elle peut paraître injuste. Pour les proches, c’est une rupture douloureuse, parfois tragique. Face à la mort, il est difficile de s’exprimer. Devant le désespoir, on se sent toujours petit.

Nous n’avons pas nous même l’expérience de la mort, la seule expérience que nous avons de la mort, c’est celle qui consiste à faire un bout de chemin avec celui qui va mourir.

Le Christ s’est peu exprimé sur la vie après la mort physique. Il a simplement affirmé que la vie qu’il donnait, lui, c’est-à-dire la vie éternelle, n’était pas altérée par la mort.

Les chrétiens croient qu’après la mort, ils sont vivants avec Dieu pour toujours. Notre corps n’existe plus, mais grâce à Jésus Christ, mort et ressuscité, nous passons nous aussi de la mort à la vie avec Dieu. Il est le chemin qui mène au Père.

Le deuil accompagne la mort, chacun de nous le rencontre sur son chemin, un jour ou l’autre. Il touche notre être tout entier à cause du lien personnel avec la personne décédée.

Ce lien a été rompu, on éprouve le vide et l’absence et il va falloir apprendre à vivre autrement. Chaque personne fait son chemin de deuil à sa manière.

Dans un premier temps, faire le deuil, c’est se confronter avec le choc, prendre conscience de la réalité du « plus jamais ». Il faut vivre l’abandon, la perte.

Faire le deuil, ce n’est pas oublier la personne disparue, mais accepter un processus naturel qui se met en marche, c’est aussi se donner des balises. Le travail de deuil se fait lentement, il est de notre responsabilité, car personne ne pourra le faire à notre place.

Aider quelqu’un à faire son deuil, ce n’est ni minimiser, ni vouloir atténuer ses souffrances, mais c’est l’aider à les exprimer et petit à petit à les accepter.

Le travail de deuil comporte une dimension spirituelle. La personne endeuillée dit à Dieu l’épreuve qu’elle traverse, exprime ses questions, ses incompréhensions, sa colère et lui demande la force de l’Esprit pour continuer la route et retrouver la paix.

La liturgie chrétienne célèbre les funérailles de celui qui a été plongé dans la mort et la Résurrection du Christ au jour de son baptême, cela s’exprime par des rites. L’aspersion du corps par l’eau bénite rappelle que le baptisé est enfant de Dieu, aimé de Dieu depuis toujours. Le cierge pascal symbolise le Christ ressuscité et signifie l’entrée dans la lumière de Dieu.

Aujourd’hui, des laïcs reçoivent la mission de préparer et d’animer la célébration des obsèques. Ils peuvent également, suivant les souhaits de la famille, accompagner au cimetière.

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Gilles

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Re: Mort, deuil et espérance...

Message par Gilles le Lun 9 Juil 2018 - 18:10



Comment vivre le décès d’un enfant ?

Qui dira la mort d’un enfant ? Cet élan brisé nous atteint tellement nous-même et ouvre en nous une blessure vivante, une interrogation infinie. Mais pourquoi cette mort nous touche-t-elle tant ? S’il n’est plus, comment l’enfant parle-t-il encore à notre cœur, à notre intelligence ? Serait-ce seulement la mémoire de ce qu’il était ? Ou plutôt, n’est-il pas encore ? S’il n’est pas, s’il n’est plus, comment se fait-il que j’éprouve la douleur d’une séparation, de sa non-présence ? N’est-il pas vrai qu’il est quelque part vivant, pour toujours ?

Il avait commencé de vivre, d’être indépendamment de moi et si près de moi. N’est-il plus rien ? Dominique nous a quittés tout d’un coup - un accident à l’âge de six ans. Par quel bond prodigieux a-t-il atteint l’éternité ?

Quand je me tourne en arrière, encore aujourd’hui, je revois son visage, et sa vie ; sa vivacité, ses questions ; il trouvait d’ailleurs souvent lui-même une réponse à la mesure de son âge avant que je ne sois parvenu à formuler ce qu’il pourrait comprendre.

Un jour, avant même sa naissance, j’ai trouvé un texte dans la Bible qui disait : “ Devenu agréable à Dieu, il a été aimé, et comme il vivait parmi les pécheurs, il a été transféré... Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière, son âme était agréable au Seigneur, aussi est-il sorti en hâte du milieu de la perversité. Les foules voient cela sans comprendre, et il ne leur vient pas à la pensée que la grâce et la miséricorde sont pour ses élus et sa visite pour ses saints... ” (livre de La Sagesse, chap. 4, v 10 à 15) J’ai lu ce texte à la messe des funérailles. Il y a là une porte ouverte sur le mystère mais le mystère tout entier ne nous sera révélé qu’au Ciel, quand nous nous verrons face à face avec Jésus.

D’autres paroles de l’Écriture sont venues nous donner l’espérance de Dieu. Quand sa mère et moi, nous nous sentions submergés par la tristesse, nous essayions de le voir lui, où il était : “ Il suit l’Agneau partout où il va… ” (Livre de l’Apocalypse, chap. 14, v 4). L’espérance ne supprime pas la peine mais ce don de Dieu nous ouvre à l’avenir. Devant nous, au milieu de nous, le Ciel s’est ouvert. Rien n’est plus comme avant, dit-on ; non la vie n’a plus le même sens, car nous marchons désormais sur le chemin du Ciel. Nous savons quand nous allons communier qu’il est avec Jésus et nous nous rapprochons de l’enfant quand nous nous rapprochons de l’Amour. Rien ne peut diminuer la peine mais la peine n’a pas victoire sur nous.

Pourquoi est-il mort ? Dans un cas similaire, un enfant parlant à son frère de celui qui les avait quittés disait : “ Jésus est méchant ! Il a fait mourir notre frère. ” Mais le petit, de cinq ans à peine lui répondit : “ Non, ce n’est pas Jésus qui l’a fait mourir, c’est le démon. Mais Jésus est venu et il l’a pris dans le Paradis. ” Qui peut inspirer cette réponse à un enfant ? Mais aussi, qui peut vivre sans être confronté à la mort ? Nous ne vivrons pas toujours : le confort, le bonheur familial, les distractions ou les plaisirs peuvent occuper notre présent et masquer nos interrogations profondes. Mais la mort qui nous atteint de si près dans un enfant, un être aimé, un ami, ouvre comme une déchirure dans un univers artificiellement fermé.

Non, tout n’est pas ici. Il y a un ailleurs, un au-delà où Dieu appelle ceux qu’il aime ; et il aime tous les hommes. Cet au-delà est déjà présent pour moi, je tourne les yeux vers l’enfant qui “ suit l’Agneau partout où il va ”.

Source : 36 questions sur la mort



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