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La bénédiction paternelle du Jour de l'An au Canada...

Gilles
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Message par Gilles le Lun 31 Déc 2018 - 17:31

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Le premier jour de l'année, la coutume voulait que la famille s'agenouille devant le père pour recevoir sa bénédiction. C'est facile de comprendre pourquoi cette tradition a été abandonnée. La symbolique est très forte. Elle crie «patriarchie», «inégalité», «domination» et tout ce qui est honni par nos sensibilités modernes. C'est humiliant de s'agenouiller devant quelqu'un, de reconnaître physiquement par notre posture que nous sommes son inférieur. L'homme moderne n'a pas de supérieur, il est son propre maître. Une société égalitaire ne peut pas admettre qu'une telle tradition perdure dans la famille, cellule de base de la société.

Reculons quelques jours et retournons à la fête de Noël. Nous fêtons «l'amour et le partage», dit-on. Ce sont les valeurs caractéristiques des Québécois, du moins c'est ce que l'on prétend. Mais quelle place y a-t-il pour l'amour, quand l'égalitarisme nous oblige malgré nous à manifester des égards pour notre prochain? Il n'a pas besoin de notre amour, puisqu'il a le droit d'être traité avec la même dignité que n'importe qui. Et comment peut-on appeler «partager» le fait de rendre à quelqu'un son dû? Ce que nous appelons «amour et partage» a été transformé en «fraternité et égalité», où le respect de chacun et la distribution égalitaire selon les besoins de chacun reposent au mieux sur un obscur impératif catégorique et au pire sur la crainte de violer des normes sociales. J'ai mentionné «fraternité et égalité», mais il ne faut pas oublier l'autre membre du trio : «la liberté». La liberté est cet état d'affranchissement qui permet à l'homme moderne d'être son propre maître, de ne jamais devoir s'humilier devant un supérieur et de ne jamais avoir besoin d'aimer un inférieur. En somme : l'orgueil et la suffisance. Est-ce que ce sont vraiment nos valeurs ?

La bénédiction paternelle n'est pas une forme de domination, mais une expression d'amour. Le père, placé par la nature dans une position d'autorité, exprime le souhait que ses inférieurs soient comblés de biens. L'amour est mutuel : ses inférieurs, mettant de côté leur orgueil, reçoivent la bénédiction avec joie et reconnaissance. Dans la dimension religieuse de la bénédiction, même le père reconnaît qu'il est l'inférieur de quelqu'un et qu'il n'est qu'un maillon dans la chaîne de la hiérarchie. Si un maillon s'enorgueillit et décide de s'entrouvrir, la chaîne est brisée. Quand cette condition devient généralisée, nous finissons avec un ramassis de maillons éparpillés par terre, «affranchis» et isolés l'un de l'autre. C'est l'image de notre société égalitaire, où les enfants sont les égaux des parents, où l'on refuse d'écouter la voix de l'expérience et de la sagesse, où l'on valorise jusqu'au niveau politique le seul fait d'être jeune et inexpérimenté.

Pour le mouvement nationaliste, cet état de faits est dévastateur. Évacuez l'ordre fondé sur la hiérarchie naturelle, l'individu est affranchi et il n'a plus à travailler pour le bien commun. Le mouvement nationaliste avance aveuglément vers le but de l'indépendance sans vraiment savoir pourquoi et sans égard aux conséquences. Certains sont nationalistes par pur orgueil, par seul désir d'être maître chez nous, par ressentiment envers les Anglais et tous les autres «supérieurs» que les circonstances nous ont parfois imposés. Le mouvement s'éssoufle, on se trouve à prêcher dans le désert, parce que nos concitoyens ne se sentent pas interpellés, ils sont désolidarisés comme des maillons brisés, chacun son propre maître dans son propre petit monde. Nous avons besoin d'un nationalisme qui cherche d'abord le bien de notre nation. Le mouvement doit reposer sur un renouvellement des valeurs, un retour aux valeurs traditionnelles canadiennes-françaises où chacun prend place harmonieusement dans un ordre naturel orienté vers la poursuite du bien commun.

Ce jour de l'an, je vous invite à participer à ce renouvellement des mœurs en ravivant la tradition de la bénédiction paternelle dans vos familles.


La bénédiction paternelle du Jour de l'An au Canada... ZDaniel Arseneault

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Gilles
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Message par Gilles le Mar 1 Jan 2019 - 17:35

Le mardi 1er janvier 2019
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CHRONIQUE / Avec la venue du jour de l’An, plusieurs personnes donnent encore de l’importance à la bénédiction traditionnelle, donnée par le père. En l’absence du père, ce rôle revient au frère aîné. D’où nous vient donc cette tradition et pourquoi la poursuivre ?

Faisons d’abord un peu d’histoire. La bénédiction paternelle du Jour de l’An prend sa source dans la Bible. Étant d’abord un acte de Dieu, le rite de la bénédiction nous informe sur les intentions de ce dernier. Dieu, en effet, ne veut que le bien pour l’être humain. Dans la liturgie de la célébration du Jour de l’An, nous lisons ce qui suit dans le Livre des Nombres au chapitre 6, versets 24-26 : « Que le Seigneur te bénisse et te garde! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix! »

Pour ce qui est de cette tradition dont nous avons hérité au Québec, celle-ci trou
ve ses origines en France. Les Français de tradition catholique qui se sont établis ici ont perpétué cette habitude et nous l’ont transmise jusqu’à ce jour.

Sens de la bénédiction


Mais qu’est-ce que bénir ? Le mot bénir vient du mot latin « benedicere » qui signifie « dire du bien ». Bénir une personne revient littéralement à dire du bien de celle-ci, voire à lui souhaiter du bien. À l’église, nous sommes habitués à la bénédiction du prêtre. Mais qu’en est-il de la bénédiction dite « paternelle » ?

Dans la plupart des familles québécoises, elle était souvent très attendue. L’aîné, qui avait le privilège de la demander au père, le faisait avec une certaine gêne. Et le père, ému, avec une larme à l’œil, bénissait sa famille avec fierté. Car rappelons-nous qu’à l’époque, le père n’était pas du genre à signifier avec des mots l’amour qu’il portait à ses enfants. Le fait de les bénir du geste de la main, en ajoutant une parole, parfois très brève, était assez fort pour laisser paraître une émotion dans sa voix chevrotante.

Dans le geste de bénir ses enfants, le père demandait à Dieu de les protéger, de leur assurer des jours heureux, exempts de tout malheur, de toute maladie. Ce geste renfermait également le souhait que les membres de la famille vivent en harmonie les uns avec les autres.

Il y a quelques années, je présidais les funérailles d’un père de famille dans le temps des Fêtes. Dans la préparation de la célébration, les enfants de ce dernier me partageaient que la tradition de la bénédiction paternelle du Jour de l’An était une pratique courante au sein de leur famille. Elle avait beaucoup de sens pour eux. Pour donner un sens particulier à cette tradition familiale, je leur ai donc proposé de bénir leur père à l’intérieur de la célébration. Ce qu’ils ont fait avec émotion. Je trouvais normal qu’au moment de se séparer du corps de leur père, que les enfants puissent dire à leur façon, à travers une bénédiction, tout le bien qu’ils pensaient de ce père qu’ils avaient tant aimé.

Pour avoir accompagné de nombreuses personnes au moment où elles s’apprêtaient à mourir, pour avoir présidé de nombreuses funérailles, je crois fortement qu’il n’est pas nécessaire d’attendre le moment de la mort d’un proche pour lui dire tout le bien que nous pensons de lui. Alors que nous vivons nos journées dans une course parfois effrénée, alors que nous ne prenons pas toujours le temps de nous dire entre nous tout l’amour que nous avons les uns pour les autres, pourquoi ne pas profiter du jour de l’An pour demander à notre père ou à notre mère de nous bénir ? Et pourquoi les enfants ne pourraient-ils pas, à leur tour, bénir leurs parents ? Serait-il même possible qu’en l’absence de leurs parents, les frères et sœurs se bénissent mutuellement ?

Parmi mes connaissances et amis(es), certains sont plus ou moins religieux. D’autres sont athées ou agnostiques. Quelques-uns d’entre eux m’ont partagé le fait qu’au Jour de l’An, ils prennent le temps de simplement « dire du bien » de l’un et de l’autre! À titre d’exemple, certains expriment une qualité qu’ils apprécient chez l’autre, d’autres reconnaissent un succès vécu dans l’année.

Dire du bien d’une personne, lui souhaiter ce qu’il peut y avoir de meilleur, c’est, comme je l’exprime souvent, déposer la main sur l’épaule de son prochain et lui dire simplement par ce geste : « Je crois en toi, je crois en tes capacités et je te remercie pour ce que tu es !»

Que pensez-vous de bénir vos proches, au Jour de l’An?

Vous me permettrez de vous souhaiter, chers lectrices et chers lecteurs de cette chronique, tout le bien possible en cette année 2019 !


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Jean Gagné, prêtre
Responsable diocésain des communications

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